CHAPITRE II. IO
leur courage. La plus grande partie de l'armée du Bengale se recrute parmi ces hommes; et il est à remarquer qu'il y a dans cette armée peu de punitions corporelles, attendu que les plus légers reproches y font plus d'effet que les plus rigoureux trailemens.
Sur la côte de Coromandel , l'Indou est une espèce d'hommes moins forte que celle des Rajpoots ; cependant il y en a parmi eux diverses classes qui sont tout-a-fait aisées. De l'autre côté de l'Inde , sous la présidence de Bombay, les Indous habitans du Goudjerate sont principalement des Marattés , gens de beaucoup supérieurs aux habitans de la côte du Bengale , et même à ceux qui sont le long de celle de Carnatic.
Le Jhareja de Couteh est a demi musulman; il croit au Coran, adore les saints mahométans, et dans certaines circonstances répète les prières ordonnées par le culte qu'il professe. Il porte un bonnet et des culottes, et jure ordinairement par Allah ; il y a cependant à cela quelques exceptions. Le culte de Wishnoua tellementprévalu dernièrement dans le Couteh , que quelques Jharejas l'ont adopté avec tout ce qu'il a de particulier. Quant aux autres habitans , ils sont In-
IIO TABLEAU DE l/lNDE.
dous; et, tant qu'il leur reste un brin de cheveux sur la tête , ne se soumettent point à la circoncision, adorent tout ce qui a la forme d'image , et se gardent de manger du bœuf ou autre viande proscrite.
Plus de la moitié des Jharejas sont excessivement adonnés aux liqueurs ; et il n'y a pas un homme sur cent qui ne boive des spiritueux tout comme un Européen boit du vin. Ceux qui ont ce goût boivent le matin de bonne heure, au milieu du jour et le soir; de sorte que l'on peut dire qu'ils sont continuellement sous l'influence de la liqueur. Chaque ville ou village a un alambic où l'on extrait de la liqueur du sucre brut , des dattes ou des carottes , selon les moyens des particuliers. Ce sont des liqueurs très-pures, et beaucoup plus piquantes que nos spiritueux d'Europe , qui ne sont estimés des naturels que quand ils peuvent se les procurer pour rien. 11 n'y a dans ce pays aucun déshonneur a être ivrogne. Les Jharejas ne prennent pas de l'opium aussi communément que dans le Kathivar; cependant cette remarque ne saurait s'appliquer à ceux d'entre eux qui sont adorateurs de Wishnou, qui, privés des liqueurs par leurs préjugés,