CHAPITRE II. I
îalens naturels et de beaucoup de beauté; mais elles sont ambitieuses et intrigantes : leurs charmes personnels leur assurent la faveur de leurs maris; et elles savent augmenter et raffermir cet empire par leurs artifices et leur adresse. Les Lodhases sont d'autant plus estimées que leurs pères fondent leurs richesses sur le nombre de leurs filles, et se réjouissent de la naissance d'un enfant de ce sexe , comme d'autres Asiatiques le tout pour celle d'un fils. Le Lodha tire un excellent parti de ses filles : celles qui sont belles lui sont payées de mille a dix mille roupies, outre l'établissement de la jeune fille, et d'un demi-cent de Lodhas besoigneux, ses parens. C'est chose surprenante de voir les Rajas, les Nacoabs et les chefs , envoyant leurs mercures, sous la forme de charons et autres castes religieuses, pour aller chercher dans les Nandhs et les chaumières du désert des femmes destinées a briller et à commander dans les divers rangs de la société; et il est encore plus étonnant de voir que, dans deux pays voisins, chez les uns on ait soin de mettre les filles a mort , et qu'on les conserve chez les autres comme l'honneur et la
richesse de la famille. Outre les diverses classes
ij^ i ablf.au de l'inde.
de Rajpoots, de Grasias et de Mahométans , la population du Couteh comprend des Bhatties, des Burryans, des Lowannas, des Brahmanes de toute espèce, des Ahiers, des llehbaries et autres classes de bergers et de cultivateurs, avec plusieurs tribus mélangées, composées moitié d'Indous et moitié de Mahométans.
Les Grasias mahométans sont les descendais des Sindhis. Un grand nombre , après avoir quitté leurs habitudes pastorales primitives, sont employés au service militaire. Le Mégannec , pays montagneux vers la frontière de l'est du Couteh , tire son nom des Megannos , tribu infâme venue du Delta de l'Inde, et composée de voleurs et d'assassins de profession. Les Bhatties sont d'origine Sindhie ; un grand nombre d'entre eux sont des marchands et les plus riches du pays. On en rencontre dans tous les ports de l'Arabie et de la côte de l'ouest de l'Inde. Le capitaine Macmorde en parle comme d'une race remarquable par sa beauté , et dont la tournure diffère de tous les Indous qu'il a vus; il les dit industrieux , mais dissolus et licencieux. Ce n'est que dans ce dernier siècle qu'ils sont devenus sectateurs deWishnou. Ils ont pour leurs