‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 28 sur 113 · CHAPITRE H. IIe · texte numérisé non relu

CHAPITRE H. IIe

prêtres (les gossendjee moharajee ) un respect qui approche de l'adoration. Leurs femmes sont très-habiles à l'aiguilie, et brodent sur la soie d'une manière ingénieuse et avec un goût exquis. Les Khojas forment une classe de cultivateurs mahométans; ils se considèrent comme étant d'origine persane , et font souvent un pèlerinage vers un lieu qui est a huit jours de marche nord-ouest d'ispahan , où ils vont adorer un Peer ou saint vivant, auquel ils paient un tribut annuel. Les Ahiers et autres bergers ou cultivateurs indous ressemblent aux tribus des Kattis, et ne se font point de scrupule de manger avec les mahométans, qui forment presque la moitié de la population du pays. Bien que le pillage soit le plus grand plaisir et le soutien des Lodhas, leur chef., a ce qu'on dit, possède une autre source de richesses non moins singulière et lucrative. Dans les temps florissans du gouvernement de Parcemeyer, on y admet deux idoles, dont l'une , à la ruine de cette ville , fut emportéeparles Lodhas qui émigraient versMooli dans le Ratticoar. L'autre fut prise par un chef, et cachée dans des montagnes de sable , d'où on la retire de temps en temps pour recevoir les

j if) TABLEAU DE LINDE.

hommages de cinquante à cent mille pèlerins, mais sous la garde spéciale des Lodhas. Les offrandes sont immenses; et ce n'est qu'après avoir reçu une somme de plusieurs milliers de roupies que le chef des Lodhasfait paraître Goreecha : c'est ainsi qu'on nomme cette idole. La cérémonie ne dure que quelques jours : on fait ensuite disparaître le dieu, et on l'ensevelit de nouveau dans son tombeau de sablé, dans un lieu connu du seul propriétaire.

Dans l'île de S disette , près de Bombay , se trouve une race d'hommes singulière. Ce sont les brûleurs de charbon; occupation à laquelle se livre une caste particulière , qui n'habite que dans les bois, et n'a aucune relation de mariage ou de société avec les autres Indous des plaines. Ils ont certains endroits où ils apportent leurs charges de charbon, et où les autres viennent les chercher, en déposant en échange un paiement fixé par l'usage et qui se compose de riz, de vêtemens et d'outils en 1er.

Les naturels habitant les montagnes du nord de l'Inde sont courts de taille, mais forts, ramassés et bien musclés. Leur couleur, comme celle de leurs voisins des plaines, varie depuis

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