CHAPITRE II. I t
le brun foncé ou noir jusqu'à un jaune basané ; et dans certains individus elle approche du blanc. Leurs cheveux et leur barbe sont noirs. Souvent ils se rasent le sommet de la tête , mais ils portent leurs cheveux longs sur les côtés. Leur tournure est pour l'ordinaire celle des Indous, mais ils n'ont point la physionomie douce et intelligente de ceux des plaines. Ils ont les yeux enfoncés dans la tête , le nez relevé et pointu , le front élevé et rond; les os des joues élevés, le menton long et le visage allongé, maigre et ridé aux coins des yeux et sur le front par l'effet du soleil. Leur coiffure habituelle est un sale bonnet de coton qui recouvre des cheveux en désordre , et donne à leurs traits un aspect plus sauvage. Les chefs portent le turban des Sicks, une veste de coton qui se termine en basques, et qui leur va jusqu'aux genoux, des pantalons de coton et une pièce de même étoffe qu'ils se jettent sur les épaules. Les moins riches, cependant, sont obligés de se contenter d'un caleçon de grosse étoffe de laine , et d'une couverture qu'ils se incitent sur la tête quand il pleut. Leurs femmes sont en général plus agréables dans leur jeunesse; elles ont beaucoup
de la douceur qui caractérise les Indous, et leurs traits sont beaucoup plus délicats et réguliers que ceux des hommes. Leur teint est beaucoup plus clair, mais le soleil et l'intempérie des saisons ont bientôt détruit l'un et l'autre , et ne leur laisse bientôt qu'un visage hâlé et ridé. Leur habillement est le même que celui des femmes de la plaine. La chasteté est ici une vertu peu connue et peu appréciée; et on dit qu'une coutume révoltante règne parmi ces peuples; je ne puis mieux la désigner que sous le nom de polyandrie. Cette circonstance m'amène a parler des Hyers qui étaient sur la côte de Malabar, et dont il reste encore quelques descendans ; la coutume était et est encore parmi ces peuples, que les femmes aient plusieurs maris, qu'elles les changent selon leur humeur. Chez cette tribu les honneurs , les distinctions et les propriétés suivent la ligne féminine , par la difficulté de s'assurer de la parenté, si ce n'est du côté de la mère. Ces femmes sont fort belles , même comparées aux plus remarquables d'entre les peuplades environnantes. Elles conservent encore la plupart de leurs coutumes. Mais il est temps de passer aux Mahométaus.