‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 30 sur 113 · CHAPITRE II. IIÇ · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. IIÇ

Les Mahométans qui furent d'abord les conquérans du pays, et que les Européens ont dépossédés du pouvoir, ne forment qu'une petite partie de la population de l'Inde. On estime qu'ils en sont environ le huitième. Dans certains districts il ne s'en trouve presque point ; dans d'autres ils sont en plus grand nombre ; enfin dans certains endroits auprès de Dacca , les Mahométans surpassent en nombre les Indous eux-mêmes. En général , ils sont en grand nombre dans les grandes villes , tandis qu'il y en a peu dans les districts agricoles. La guerre ou le commerce forment leurs principales occupations , et la plupart d'entre eux sont militaires ou négocians. Us ont la figure plus belle, le corps mieux musclé et l'air plus fier que les Indous; ils conservent le souvenir de leur gloire militaire, et n'aspirent qu'après une occasion de ressaisir leur puissance politique. Bien qu'ils soient les moins nombreux, ils sont cependant les plus dangereux de nos sujets de l'Inde; et ce n'est qu'avec des peines extrêmes qu'on les maintient dans Tordre. Us sont en général prodigues, licencieux et dissipateurs; mais ils sont aussi braves, généreux et fidèles les uns à l'égard des autres. Leur religion

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consiste pas seulement en la simple croyance du Coran , mais elle se trouve fortement empreinte des superstitions, des dogmes, des préjuges et des pratiques des Indous , de sorte que les Mahométans de l'Arabie les considèrent comme des hérétiques et des idolâtres. Ils sont loin cependant de différer entre eux comme les Indous.

Les Parsis, descendant des Guèbres de Perse qui échappèrent a la persécution de Shah-Jbbas, forment une classe d'habitans riche , active et honorable, et. contribuent beaucoup à la prospérité de ces établissemens. Il n'y a pas de maison de commerce européenne dans laquelle au moins un d'eux ne soit intéressé , et c'est ordinairement le Parsis qui fournit ie plus de capitaux. Leur influence est par conséquent très-grande ; ils sont propriétaires de la plus grande partie de l'île de Bombay. Lord Valentin demanda à un individu aisé de cette nation , pourquoi ils faisaient bâtir des demeures si splendides , et ils achetaient des terres qui ne leur donnaient que quatre pour cent de leur argent, tandis qu'ils pouvaient si facilement en tirer dix ou douze; sa réponse fut: C'est ici que nous sommes nés, ce sera ici que nous mourrons; mous ne tournons point nos regards

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vers un autre pays , il est donc naturel que nous cherchions a posséder quelques biens que nous puissions transmettre à nos enfaris. Vous autres Anglais, vous n'êtes ici que pour un court espace de temps , et vous aimez à faire valoir votre argent le plus possible , afin de vous retirer bientôt dans votre pays, où j'imagine que vous faites comme nous faisons ici.

Depuis le temps que Bombay se trouve sous la domination des Européens, les Parsis n'ont guère adopté les mœurs européennes; leur costume est , disent-ils, celui qui avait été adopté a leur arrivée dans le pays; mais, quant a leur nourriture et leur boisson, elle est la même que celle des Anglais. Leurs maisons sont ornées avec profusion de glaces , de gravures et de peintures anglaises. Il faut le dire à l'honneur de leur humanité et de leurs mœurs , ils ont soin de tous leurs pauvres, et il n'y a pas une seule maîtresse, une seule courtisane de leur caste dans tout rétablissement. Ils sont généreux et spiendides dans les classes élevées, actifs etintelligens dans les classes inférieures, et de beaucoup préférables, comme domestiques , aux Musulmans et aux Indous. La plupart parlent correctement l'anglais. Dans leur

personne ils sont beaux , beaucoup moins bruns que les naturels, quoiqu'ils n'aient pas la peau blanche comme les Européens. Ils ont des manières douces et prévenantes. J'avoue , dit le lord que j'ai déjà cité , que je les préfère infiniment à toutes les races d'hommes soumises dans l'Orient à la domination anglaise. Ils ont un grand nombre de temples consacrés au feu; mais leurs prêtres n'ont aucune autorité sur leurs affaires temporelles et fort peu sur les spirituelles. La beauté de l'esplanade est le matin et le soir bien relevée par la présence des adorateurs du soleil, qui y viennent en foule avec leurs brillans costumes blancs et leurs turbans de couleur, pour saluer son lever , ou offrir leurs hommages à ses derniers rayons en se prosternant humblement devant lui. Leurs femmes ne se montrent point alors; c'est le moment où elles vont chercher de l'eau aux puits comme les femmes des anciens p atriarches.

Les femmes guèbres, dit madame Graham , jouissent de plus de liberté que les autres femmes de l'Orient , mais elles n'ont point encore pensé à cultiver leur esprit. Ceci peut en grande partir être attribué au mariage qu'elles contractent de

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