‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 33 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dération possible, d'autant plus que l'a loi leur accorde le droit de posséder des terres, et de siéger comme jurés.

Les femmes demi-castes , au Beugale , s'appellent cherchées, d'un mot indien qu'elles prononcent fréquemment et qui signifie :fidonc! Beaucoup d'entre elles sont d'aimables compagnes, possèdent un cœur affectueux, et remplissent convenablement leurs devoirs d'épouses. Mais peu d'entre elles jouissent de la société européenne ; la différence qu'elles savent exister entre elles et nos belles compatriotes, leur donne un sentiment de leur propre infériorité , qui fait qu'elles sont mal à l'aise dans la société des européennes. Elles évitent donc leur présence er* même, dit-on, les jalousent. Leur bonheur devrait consister a s'unir a des hommes de leur caste; mais, chose étrange, elles les regardent comme au-dessous d'elles, et les admirateurs de ces nymphes charmantes sont généralement de jeunes européens. Les pensions de Calcutta renferment plus de 5oo jeunes filles demi-castes, où ces enfans illégitimes d'européens et de daines indigènes reçoivent une éducation soignée.

Les religions et les superstitions de l'Inde

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sont si variées et si extravagantes, qu'on nous excusera de ne donner ici qu'une esquisse rapide de ce qu'elles offrent de plus remarquable. L'absurdité même de l'idolâtrie indienne , dont toutes les pratiques sont un outrage perpétuel au bon sens, sert a lui donner des racines plus profondes encore dans le cœur d'un peuple sensuel, enthousiaste et ami du merveilleux. Infatués de leurs idoles , ils ferment l'oreille a la voix de la nature. Mais ce qui attache surtout les Indous a leur religion, c'est qu'elle favorise leur orgueil et tous leurs vices; ainsi leurs sens, leurs passions, leurs intérêts, tout est en sa faveur. L'intérêt surtout, ce puissant levier des choses humaines , est le support principal sur lequel s'appuie l'édifice de l'idolâtrie indienne. Ceux qui sont à la tête de ce culte insensé , convaincus qu'ils sont pour la plupart de son absurdité, sont les plus zélés a sa propagation, parce qu'ils en vivent. Le brahmine ne vit que pour lui ; élevé dans la croyance que l'univers entier est son débiteur, et qu'en retour il ne lui doit rien, l'égoïsmc le plus complet dirige toute sa conduite. Jamais son cœur ne s'émeut aux souffrances d'autrui. Il laissera périr à sa porte

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