‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 34 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

un malheureux, s'il est étranger à sa caste , sans même lui offrir un verre d'eau, dût ce faible secours lui sauver la vie. Les guides religieux de rindou l'ont habilement privé de sa raison et de l'usage de son intelligence. Jamais il ne lui est permis de juger par lui-même, pas même pour ses affaires domestiques , et dans les circonstances les plus triviales. Ses institutions immuables ont tout réglé dans sa vie. C'est un crime que de s'instruire, un crime que d'instruire les autres. Prêter l'oreille a un instituteur religieux autre qu'un Brahmine, est le plus horrible de tous les forfaits. Par ses institutions, ses usages, et ses habitudes , un Indou et surtout un Brahmine est une sorte de monstre moral , placé en état de guerre continuelle avec le reste du monde , avec lequel tout rapport affectueux et intime lui est interdit, et pour lequel on lui ordonne de n'avoir que du mépris et de la haine.

L'une des principales fêtes indiennes à Calcutta est le Chivameck poujah , en l'honneur de la déesse Kali. Voici la description qu'en donne l'évêque Héber dans son journal:

« Le 10 avril, a la pointe du jour, nous fûmes éveillés par les sons discordans de la musique

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indienne. Mous montâmes aussitôt a cheval, ei nous nous rendîmes au Meidan :1a foule était nombreuse et d'un aspect très-pittoresque ; la musique était principalement composée de doubles tambours très-vastes , ornés de panaches noirs , semblables à ceux d'un corbillard, et qui s'élevaient de beaucoup au-dessus de la tête de celui qui battait du tambour.

u Toutes les personnes qui faisaient partie de la procession, ainsi qu'un grand nombre de spectateurs, avaient la figure et les Vetemens peints de vermillon : ils portaient sur la tête des couronnes et des guirlandes de fleurs ; des fleurs composaient aussi leurs baudriers et leurs ceintures; des trophées de diverses sortes étaient promenés sur des chars tirés par des chevaux ou des taureaux : quelques-uns étaient des emblèmes mythologiques , d'autres des imitations de divers objets d'Europe, tels que des soldats, des vaisseaux. Les fervens avaient de petites lances qui leur perçaient la langue , et portaient des arcs; d'autres, en plus grand nombre, pressaient sur leurs corps des fers chauds; tous étaient nus jusqu'à la ceinture, couverts de fleurs , et complètement peints de vermillon.

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