‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 36 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et où la glace se mêlait aux liqueurs les plus exquises. La salle était éclairée avec une grande quantité de candélabres et de bougies, dont l'éclat se répétait dans d'innombrables glaces. Des jets d'eau rafraîchissaient l'atmosphère; des parfums et des fleurs de mille espèces rappelaient à l'imagination tous les enchantemens des Mille et une Nuits.

Les Indous ne participent point à ces banquets; mais ils entrent dans la salle, félicitent les convives, et veillent a ce qu'il ne manque rien à la splendeur de la fête. En attendant le moment où ces brillans salons s'ouvrent comme par enchantement, la société est dans un vaste amphithéâtre , où divers amusemens l'occupent agréablement ; ce sont des danses de jeunes filles, ce sont des airs joués par des musiciens européens et indiens, des acteurs, des mimes; tout cela, joint aux costumes des divers peuples, forme un ensemble véritablement magique. Les uns s'asseyent et regardent les danses; d'autres se promènent dans l'enceinte du vi- ^randah, pour voir les dieux domestiques, dont des centaines sont exposés a tous les regards : les uns sont moitié éléphans et moitié hommes;

d'autres ont plusieurs têtes et un grand nombre de bras : ceux-ci sont entièrement nus, ceux-là magnifiquement vêtus. Les fenêtres des appartenons des dames indiennes donnent sur ce vaste amphithéâtre, et à travers les fentes des jalousies elles jettent des regards furtifs sur ce spectacle.

Dans la soirée du Doorga poujah , les dames indiennes invitent les dames européennes. Plusieurs d'entre elles dansent avec beaucoup de grâce ; d'autres jouent d'un instrument qui ressemble a la guitare. Un orchestre indien se compose de cet instrument, auquel se joignent des clarinettes, des timbales et des tambours de basque , qui produisent une harmonie sauvage, mais agréable et mélancolique. Les airs le plus en vogue sont empruntés à la musique persane.

Les danseuses sont vêtues avec le plus grand luxe. Leurs danses se composent de transitions soudaines; leurs mouvemens sont quelquefois d'une telle lenteur, qu'on croirait qu'elles vont s'endormir; mais la musique venant à changer,* la vie alors renaît en elles, et on les voit se livrer à une succession rapide de mouvemens

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