CHAPITRE II. l
violens. Tantôt elles donnent a leurs robes divers plis gracieux, tantôt elles les laissent flotter, et, tournant rapidement sur elles-mêmes, le cercle qu'elles leur font tracer imite la queue déployée d'un paon. Elles continuent ainsi pendant un temps qui étonne.
Un calcul modéré élève, dans ia seule ville de Calcutta, à i2,5oo,ooo francs la dépense annuelle de cette fête. Il y a cinquante ans (l'auteur écrivait en 181 1 ), un riche Indien, nommé Randurpou Gourou , y dépensa une année 950,000 francs , et ne passa jamais une fête sans y dépenser au moins 3oo,ooo francs.
L'infanticide des filles est universellement répandu parmi les Jharegas : on ne s'accorde pas sur l'origine de cette coutume barbare. Quoi qu'il en soit, elle a été encouragée par les Brahmines Raghair, qui ont de tout temps été chargés du sacerdoce chez les Jharegas. Ils déclarent prendre sur eux la culpabilité et le châtiment que les livres sacrés prononcent contre ce forlait. 11 est probable que cette pratique coupable provient, chez les Jharegas , de l'absence des moyens nécessaires pour établir leurs filles. Joignez a cela que le Jharega met sa gloire à ce
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que sa fille n'ait de relation avec aucun homme.
Ce sacrifice a lieu une fois l'an au mois de janvier pour les riches; mais, comme les dépenses en sont considérables, ceux qui n'ont pas les moyens de le faire annuellement ne le renouvellent que tous les trois ou quatre ans. Le sacrifice consiste a immoler un taureau, dont le sang est bu avec avidité par ceux qui se croient possédés du malin esprit , et qui veulent s'exorciser; après quoi l'on danse, l'on se réjouit, et la fête dure tant qu'il reste de la chair de l'animal.
Une effroyable coutume accompagnait la célébration du dusserah dans une tribu de Brahmines nommés Hairadés. Vers la fin de la fête ils sacrifiaient un jeune Brahmine h la déesse infernale Sactis, qu'ils supposaient altérée de sang humain. Fréquemment c'était un ami ou un parent qu'immolait le sacrificateur; c'était parfois un étranger qu'on avait tenu dans l'ignorance du sort qui l'attendait, et auquel celui qui devait consommer le sacrifice avait prodigué les soins les plus affectueux, quelquefois même lui donnant sa fille en mariage pour rendormir dans une plus profonde sécurité