CHAPITRE II. l
de ces fêtes barbares écrit : « L'argent reçu cette année, à la porte de la ville, excède de beaucoup la somme perçue les autres années ; elle s'élève a 260,000 roupies (800,000 fr. ). Le nombre des pèlerins est estimé à 225,ooo. Le capitaine F* élève à 5ooo ceux qui sont morts a Cuttack et a Poorce , et dans l'espace situé entre ces deux stations. Combien donc de ces malheureux ont dû. périr avant de regagner leur rési~ dence ! Plusieurs étaient venus de 100, 200 et 3oo lieues. M. le percepteur européen de Poorce estimait la mortalité a 20,000.
Suspendons le récit de ces scènes révoltantes ; elles affligent celui qui les raconte; elles soulèvent celui qui les écoute. Mais il importe, pour l'intelligence de l'état actuel de l'Inde, que ces atrocités soient connues. Je prouverai bientôt, quand je traiterai du gouvernement de ce pays, et des sources du revenu, que non-seulement les impôts les plus oppressifs pèsent sur les productions de ces contrées , mais que ces horribles et révoltantes superstitions sont taxées par le gouvernement de l'Inde , qui les sanctionne en vue du honteux bénéfice qu'il en retire. Ce fait je le prouverai d'une manière incontestable et
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j'espère intéresser par la le politique, le philan* thrope , le commerçant, a dénoncer l'existence d'un système qui non-seulement sanctionne toutes les abominations qui peuvent déshonorer l'humanité, mais encore arrête et neutralise dans leurs canaux légitimes les progrès de la richesse et de l'industrie.
11 m'eût été facile de grossir ce catalogue de superstitions; mais j'en ai dit assez pour exciter une indignation salutaire.
Dans le chapitre suivant, je vais tracer l'histoire de cette compagnie des Indes, le seul monument de monopole commercial qui soit encore debout ( car tous les autres , après une durée plus ou moins longue , se sont successivement écroulés). On verra alors quel déplorable usage on a fait jusqu'à ce jour, de possessions si riches, si étendues. Ceci nous conduira naturellement a examiner comment, sous une administration plus sage et plus éclairée, le régime de ces vastes contrées peut être rendu bienfaisant pour leurs propres habitans, et favorable au développement du commerce européen.