‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 84 sur 113 · CHAPITRE V. 2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 2Ô

Hollandais vinrent ensuite, et, en i5g5, envoyèrent trois vaisseaux dans l'Inde par le passage de Bonne-Espérance; mais ce ne fut qu'en î6oo que les Anglais, après plusieurs tentatives inutiles, établirent des rapports véritables avec l'Inde. Ce fut dans cette même année que la première charte fut octroyée a la compagnie, formée en corporation sous le titre de : « Le gouverneur et rt la compagnie des marchands de Londres « commerçant avec les Indes orientales. » Il importe de remarquer les termes dans lesquels cette concession primitive est conçue, afin de se faire une idée juste des motifs qui dirigèrent la législature dans l'allocation temporaire de tels privilèges; et pour mettre plus d'exactitude dans notre situation, nous la prenons textuellement dans l'histoire de l'Inde Britannique par M. Mill. « Conformément aux principes de ce temps , a la charte était exclusive. Elle interdisait au (( reste du royaume de commercer dans les limites (( assignées a la compagnie ; mais elle l'autorisait a a accorder des permissions pour cet objet, quand « elle le jugerait convenable. La charte était ac- « cordée pour un espace de quinze ans; mais sous u la condition de pouvoir être annulée dans les

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« deux ans, à quelque époque que ce fût, si son » établissement n'était pas jugé utile au pays. Dans « le cas contraire, sur la demande de la compa- (( gnie, le privilège devait être renouvelé pour a quinze autres années. » Vol. 1, p. 22,

Nous n'avons pas toujours à admirer consciencieusement la sagesse des vieux temps ; cependant, il le faut avouer, les conseils d'Elisabeth ont montré plus de respect pour les droits de la nation que n'en ont montré ses successeurs. Quand il s'agit de conférer des privilèges commerciaux exclusifs à une corporation quelconque pour un temps déterminé, quinze années valentmieuxque vingt. Àudernierrenouvellemcnt de la charte de la compagnie, M. Canning avait demandé que les vingt ans fussent réduits à dix. Il soutenait, et il était difficile de répondre à de tels argumens , que des privilèges exclusifs ne peuvent se justifier que sur le motif d'intérêt public; que si c'était là le motif sur lequel la compagnie des Indes fondais on droit au renouvellement de sa charte, ce motif pouvait être prouvé au bout de dix ans comme au bout de vingt; si, au contraire, il n'était pas possible d'en établir la preuve, alors dix années étaient un espace en-

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