CHAPITRE V. 27I
« Les Anglais et les Persans convinrent de (r réunir leurs forces pour attaquer les Portu- (c gais dans l'ile d'Ormuz, que cette nation avait « conquise et fortifiée dans les jours de sa proses périté. Les Anglais fournirent les forces nau vales, les Persans les forces de terre 5 la ville a et le château furent pris le 22 avril 1622. Pour « ce service, les Anglais reçurent une partie du « pillage d'Ormuz, et on leur accorda la moitié <( du produit des douanes du port de Gombroon, « qui devint leur principale station dans le golfe « Persique. » Vol. 1 , p. 44-
Le fait le plus remarquable que nous trouvons ensuite dans l'histoire des rapports de la compagnie avec l'Inde , est ce qu'on appelle communément le massacre d'Amboine, mais qui ne fut que le jugement légal et l'exécution légitime par les Hollandais, de neuf Anglais, neuf Japonais et un matelot portugais, convaincus d'avoir conspiré pour chasser les Hollandais de l'île de ce nom. L'une des circonstances de ce procès qui parut exciter le plus l'indignation de la compagnie, était l'emploi de la torture pour arracher des aveux aux accusés ; comme si c'eût été la première fois que la compagnie entendait parler
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de la torture, qui n'était abolie que depuis peu de temps en Angleterre, et qui faisait alors partie de la jurisprudence judiciaire de la plupart des peuples de l'Europe. Mais toute cette prétendue horreur n'était qu'hypocrisie ; la torture était abolie en Angleterre; la compagnie en avait précieusement conservé l'usage, et l'employait dans toutes ses possessions dans l'Inde.
« Le fouet et la faim étaient les moyens de '( torture qu'employaient fréquemmentses agens. « Le capitaine Hamilton raconte, qu'avant que u le droit d'infliger la peine capitale, à d'autres r qu'aux pirates, eût été accordé a lacompagnie, « on fouettait jusqu'à la mort, ou on laissait « mourir de faim ceux dont on voulait se débar- « rasser. Il cite un déserteur qui mourut sous le a fouet au fort Saint-George. On punissait aussi « comme pirate quiconque ayant à se plaindre « d'un gouverneur, annonçait l'intention d'en c avoir justice. » Vol. 1, p. 49*
(( Cependant, malgré ce privilège exclusif du
((commerce, malgré toutes les ressources du
« pillage , les affaires de la compagnie étaient
« loin d'être prospères. Nous voyons, en 1624,
« sir Robert Shirley, ambassadeur d'Angleterre