CHAPITRE V
5e soumettrait sans murmure à un joug aussi humiliant.
Cependant les embarras de la compagnie allaient toujours enaugmentant. C'est en vain qu'elle cherchait dans la corruption les moyens de se concilier les faveurs du gouvernement et de la législature. En l'année 1696, on soupçonna fortement la compagnie d'avoir distribué aux membres du gouvernement de fortes sommes d'argent à l'effet d'obtenir le renouvellement de sa charte. La Chambre des communes manifesta l'intention de s'occuper de cette affaire. Elle ordonna que les livres de la compagnie seraient examinés; il résulta de cet examen que c'était une coutume reçue dans la compagnie de faire des cadeaux a de grands personnages; qu'avant la révolution, sous Cromwell, les dépenses pour ce chapitre n'avaient jamais excédé 1,200 livres sterling; mais ([ne depuis elles n'avaient cessé d'aller en augmentant, et que dans l'année i6cj3 elles s'étaient élevées a l'énorme somme de 90,000 livres sterling. Le duc de Leeds, qui avait reçu un présent de 5,ooo livres sterling, fut mis en accusation par les communes. Mais on fit évader le témoin principal , et la proclamation qui ordonnait
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de l'arrêter dans sa fuite ne fut rendue que neuf jours après la demande qui en fut faite par la Chambre des lords. Des hommes puissans s'intéressèrent pour empêcher les poursuites ; le parlement fut proroge , et la toile tomba sur ces scènes de désordre. Vol. i, p. n4-n5.
En 1698 , l'ancienne compagnie et une compagnie rivale, qui s'efforçait de la supplanter, luttèrent d'intrigue et de corruption auprès du gouvernement. La première lui offrait 700,000 mille livres sterling à 4 p. 0/0, comme prix du renouvellement de sa charte ; la seconde offrait 2,000,000 a 5 p. 0/0, pour qu'on enlevât le monopole à la première , et qu'on le lui transférât a elle. L'adjudication fut faite au plus haut enchérisseur. L'ancienne compagnie fut supplantée par la nouvelle. Les deux compagnies , malgré la haine qui les divisait, se réunirent enfin sous le règne de la reine Anne en 1702, sous le nom de « Compagnie des marchands trafiquant dans les « Indes orientales » , nom que la compagnie porte encore. C'est par la corruption et la plus basse intrigue que cette réunion s'effectua, et c'est ainsi que devait finir une compagnie qui avait commencé par les pirateries du capitaine