‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 55 sur 74 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

gnie n^avait été établie que, sous le prétexte dérisoire qu^aucun particulier ne pouvait suffire à se livrer, avec ses seules ressources individuelles, à des rapports commerciaux avec des contrées si lointaines. Quoi qu'il en soit de Texiguité des capitaux embarqués ddns ces opérations, les bénéfices réalisés par la compagnie furent énormes.

« Tous ces vojages réussirent , » dit Thistçrien de Flnde que nous avons déjà cité, (c kTexi( ception de celui de 1607, dans lequel les deux (( vaisseaux périrent. Dans tous les autres les bé- « néfîces s^élevèrent quelquefois à aoo p. 1 00 ; (( jamais a moins dé. 100 p. loo. » Yol. i, p. ^5.

D'après ces faits, il ne faut pas s'étonner que la compagnie fût excessivement jalouse de son privilège, et prête h prendre l'alarme au moindre acte qui paraissait devoir y porter atteinte .

C'est ce qui arrjiva en i6o4y ^ Toccasiou du privilège accordé k sir Edward Micbelborne et autres^ dç commercer avec le Cathai , la Chine , le Japon , Corée , Camboje,, etc. • ^

(( Cet inconvénient reçut une ample compen- « sation en 1609, lorsque la facilité et la faiblesse (( du roi Jacques parurent à la compagnie une (( occasion favorable pour demander l'abroga-

^168 TABLEAir DE l'iNPE.

M don des restrictions que la politique plus sage (< dlÉlisabeth lui mvait imposées. Elle obtint le (( renouvellement de la charte en des termes H qui ^confirmant tous les privilèges antérieurs, «r la constituait en corporation^ non pour quinze ix ans, mais à toujours; avec cette unique provi- « sîon, qu^au cas où ce privilège serait jugé «c dommageable à la nation , après qu*il en au- H raît été dotmé avis trois mois^ k Favance , la it charte cesserait d'avoir son effet. » Histoire de rinde, vol. i, p. 35.

n est superflu d*eiaminer jusqu'à quel point lés bénéfices de la compagnie avaient pu être utilisés, pour obtenir des conseillers de Jacques cette charte perpétuelle. Mais on peut remarquer cependant, qu'en définitive, à toujours signifiait trois ans ; puisque dans cet espace d^ temps la charte était révocable, sur la preuve du dommage qui en résultait pour la nation. Cette circonstance ne doit point être oubliée et peut servir de réponse à ces grands mots de droits acquis, d'immunités garanties et légales , que Tégoïsme du monopole a sans cesse à la bouche lorsqu^on menace d'intervenir dans l'examen de ses privilèges.

Page 1