CHAPITRE V
« pagnie. Les habitans eux-mêmes ne purent u acheter que de ceux que la compagnie avait « dësignés k cet effet. Point 'de milieu ; il leur « fallut s'en passer ou Se vsoumettre à ces dureà « conditions ; €t des exemples redoutables fua rent faits pour obtenir l'obéissance par la terci réùt. A mesure que les agens d^ la compact gnie s'enrichissaient et quittaient le pays, a d'autres venaient d'Angleterre les remplacer. (( Le dëcouragement se mit parmi les habitans,* (( toute ëmulation cessa, toute industrie languit. a La disette vint k la suite de la guerre et de « l'oppression, le monopole s'empara de cette ix nouvelle source de bétiéflces. Il y eut une u iaimne. Une foule d'hommes, de femmes, d'en- « fans, venaient le soir demander des alimens (( aux agens^ de la compagnie qui avaient acca- (( paré toutes les subsistances, et le lendemain « la terre était jonchée de cadavres. Les vivans u ne ^prenaient même pas la peine d'inhumer ce les morts. On estime à trois millions le nomu bre total des Indiens qui sont morts dans les « guerres soulevées par la compagnie, ou que (( son administration coupable a fait mourir de « faim où obligés a fuir cette terre devenue re-
5oO TÀBI.CÀU DE l'iNDÈ.
(c doutable et fatale. Qu'on se rappelle que c'est if à ce nombre de 3,ooo,ooo que s'élevait la poa pulation des États-Unis avant la guerre de « rindépendauce.
w Cependant les Anglais qui s'étaient enrichis (( des dépouilles de cette nation infortunée reu venaient dans leur pays ; là ils achetaient des (( terres considérables, et la corruption électo- (( raie les portait sur les bancs de la législature. « Les chefs de la compagnie se plaignaient hau- « tement de la conduite de quelques-uns de (( leurs agens dans Tlnde, ;ls faisaient grand (( bruit de ces accusations, mais ils avaieàt ^ grand soin en liiôme temps de donner des « ordres pressâns pour que les revenus de l'Inde, (f acquis par ces moyens illégitimes, rentrassent « au trésor de la compîfgnie; et tandis qu'on « accusait les coupables, on continyait de préle- (c ver sa part du ituit de leurs déprédations. En (c résumé, nous avons- été rççus aux Indes par (( la faveur des princes du pays qui nous ont « accordé d'établir des comptoirs' 6t de coinmer- « cer avec leurs sujets. Nous avons fait la guerre (( aux habitans dii pays; nous nous sommes (( approprié tout le territoire dans lequel nous