CHAPITRE VI. 3l
geurs qui ont visité les contrées étrangères , les uns dans un but commercial , les autres dans un but scientifique ou d'utilité. Parmi ces hommes distingués qui, après de longs.voyages , rapportèrent dans leur patrie, les sciences, les arts, la littérature de l'Egypte et de l'Orient, il suffira dénommer Solon, Pythagore, Hérodote, Platon, Xénophon.
L'histoire du monde nous apprend que la civilisation d'un peuple ne marche qu^à pas lents, eu l'absence de communications avec des nations plus avancées que lui . Quel peuple pourrait-on citer qui soit sorti de la barbarie, abandonné à luimême et sans autre secours que s^s propres efforts? Où voyons-nous que les sciences et les arts aient été des fruits indigènes du sol? Partout les beaux arts et les arts utiles sont d'importation étrangère. On peut remonter k lepr origine de peuple a peuple, de riv£%e k rivage , jusqu'à l'antiquité la plus reculée. Mais nulle part nous ne trouvons une société de barbâtes se créant d'elle-même un gouvernement et des lois, jetant les bases de l'ordre social, se fondant une agriculture, un commerce, des manufactures, ajoutant les beaux arts aux arts utiles, et s'élevant ainsi progressivement
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jusqu'à Tétat de nation civilisée, sans avoir reçu d'un peu{>le étranger les semences de sa civilisation et les élémens de ses progrès. Bien loin de là, nous voyons des nations sauvages rester dans le même état pendant des siècles, sans plu^ changer que les forêts et les marais qui les entourent, jusqu^au jour où des étrangers arrivent, et par la persuasion ou la force des armes , les domptent et les civilisent.
La nature même semble abhorrer l'uniformité.
I^es arbres et les plantes ne peuvent long-temps fleurir sans changer de sol. Partout où il n'y a pas croisement de races, les animaux dégénèrent; et la nature hufnaine elle-même se détériore moralement et physiquement, là où une tribu quelconque se sépare du reste du monde, continue de vivre des mêmes sensations et entou^ rée des mêmes spectacles, héritant de ses pères les mêmes idées ^ les mêmes préjugés, transmettant à sa postérité les mêmes maux, les mêmes vices, les mêmes superstitions.
Tel fut le peuple juif, qui dut moins encore à sa religion qu'à son isolement, qu'à son horrem* derétranger,rétatd'avilisseînent et de dégénération dans lequel il est depuis si long-temps tombe.