‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 71 sur 74 · CHAPITRE yi. Bai · texte numérisé non relu

CHAPITRE yi. Bai

de vendre , tout acheteur d'acheter , est plus fréquenté que les ports des plus grands empires hérissés de lignes de douanes et de lois prohibitives. Comme je Tai déjà dit dans Tlntroduction de cet ouvrage, c'est la liberté du commerce qui fonda, dans un misérable îlot, la grandeur de Tyr; qui éleva, au milieu çlu désert, la gloire de Palmyre; qui suspendit sur les eaux, avec ses églises et ses palais de marbre, Venise, la reine de la mer, la souveraine de T Adriatique; qui fixa le séjour des lettres, et de la richesse sur les rocs escarpés d'Amalfi; qui permit au marchand de là Hollande de s'enrichir, et de conquérir sur rOcéan une patrie»

Je sais que dans tous ces lieux , la liberté du commerce n'était pas absolue ; mais le commerce y était plus libre cependant qi\e dans aucune des contrées environnantes; et il y a prospéré, en proportion de la liberté dont il y a joui.

Adam Smith dit avec raison : « Toutes les (c villes, tous les Etats qui ont ouvert leurs ports (( k toutes les nations , au lieu d'être ruinés par « la liberté du commerce, comme voudraient (c nous le faire craindre les hommes qui dirigent « aujourd'hui notre système commercial , se sont

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« an contraire enrichis. Quoiqu'il y ait en Europe (1 quelques villes qui, sous certains rapports , (( peuvent s'appeler ports libres , il n'en est au- (( cune cependant qui mérite èe nom d'une ma-^ c< nière absolue. La Hollande est de tous les (f États celui qui se rapproche le plus de la ii- « berté du commerce, quoiqu'elle en soit encore (( bien éloignée ; et tout le monde sait que c'est « de son commerce avec l'étranger qxie la Hol- « lande tire non-seulement toute sa richesse, (c mais jusqu'à sa subsistance. »

D'après tant d'exemples que nous fournissent les sociétés anciennes et modernes , nous sommes en droit de l'affirmer avec une etitière confiance» avec la liberté absolue et illimitée du copimerce beaucoup de pays pauvres se seraient enrichis , et les pays riches auraient vu accroître leur opulence; beaucoup de nations barbares auraient été civilisées, et les nations civilisées auraient fait de. nouveaux progrès en lumières et en prospérité; onaurait évité beaucoup de guerres meurtrières; le monde ne serait pas en proie ^ comme il Test , aux divisions qu'enfantent tant de haines nationales, de rivalités funestes.

Profitons de rexpérience du passé. Qu'elle

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