LES SAINTS INNOCENTS
« Nous vous saluons, premières rieurs des martyrs ! Nous vous saluons, vous que le fer a moissonnés dès vos premiers jours! vous, roses naissantes, que l'ouragan a emportées toutes fraîches et toutes belles!
« Vous, premières victimes, qui avez été immolées pour le Christ! vous jouez innocemment à ces autels, avec les palmes et les couronnes que vous avez emportées de la terre!
« La cruauté d'Hérode ne lui servira pas. Bien des enfants ont été massacrés; mais l'enfant dont il voulait la mort, celui-là est sauvé!
« Le sang des nouveau-nés a formé des ruisseaux; mais le fils de la Vierge n'a pas été atteint du glaive! du glaive qui a fait pleurer tant de mères!
« Ainsi Moïse, le libérateur d'Israël, échappa au cruel édit de Pharaon. Ainsi ce berceau fut retiré des eaux du Nil ; ainsi le salut fut donné à celui qui précédait le Christ, le Désiré des nations.
« Tendre troupeau de blanches brebis, il servira l'Agneau dans les parvis du ciel! Ce sont ceux-là qui n'ont connu que les baisers de leurs mères, ce sont ceux-là qui suivent l'Agneau partout; car ils sont purs comme la neige, et le mensonge n'a pas souillé leur bouche. »
La fête des saints Innocents, fixée au 28 décembre, remonte au neuvième siècle; depuis ce temps la célébration en fut presque générale, jusqu'à ce que des folies vinssent la déshonorer. Comme en cette fête consacrée à la mémoire des jeunes martyrs, on donnait le pas et la place d'honneur aux enfants ; comme c'était en quelque sorte la fête spéciale des petits enfants, la raison ne présida pas toujours à tout ce qui fut introduit, en quelques villes, dans le cérémonial de ce jour.
De la fêle des Enfants, l'abus fit ia fête des Fous, et alors d'ignobles bouffonneries profanèrent le sanctuaire. Ces sacrilèges ont cessé, et aujourd'hui la fête des petits martyrs a retrouvé toute sa pureté; et dans nos églises, bien des larmes reviennent aux yeux des mères chrétiennes, quand elles chantent devant l'autel encore paré des pompes de Noël :
«Nous vous saluons, prémices et fleurs des martyrs! Nous vous saluons, vous que le fer a moissonnés dès vos premiers jours! vous, roses naissantes, que l'ouragan a emportées toutes fraîches et toutes belles ! »
La religion catholique, qui n'a pas voulu que sur la terre il y eût une misère sans secours, un mal sans remède, une douleur sans consolation, a aussi placé dans le ciel des protecteurs pour tous les hommes.
Les puissants du monde, ceux qui s'assoient sur les trônes, ont pour intercéder en leur faveur auprès du Roi des rois, sainte Clotilde, saint Louis, sainte Kadegonde, saint Ferdinand, saint Henri, saint Casimir.
Les guerriers ont saint Georges, saint Maurice et tous les pieux soldats de la légion Thébaine.
Les chastes filles qui se sont vouées au Seigneur ont pour première patronne Marie, la reine des vierges ; puis sainte Ursule, sainte Thérèse, sainte Angèle, et sainte Geneviève, bergère de Nanterre.
Les vieillards prient les saints patriarches, et les petits enfants ont pour intercesseurs dans les régions célestes les chérubins, leurs frères, et ces jeunes martyrs dont le sang a coulé à l'entour du berceau de l'Enfant-Jésus.
La Circoncision