‹ Tableau poetique des fetes chretiennesChapitre 5 sur 47 · PREMIER DE LAN · texte numérisé non relu

PREMIER DE LAN

Une fête aussi Solennelle que celle de la naissance du Sauveur devait avoir une octave. Aussi, pendant plusieurs siècles, le huitième jour après la nuit de Noël était chômé sous le titre d'octave de la Nativité de Jésus. On croit que ce fut vers Tannée 660 que l'on donna à cette fête le nom de fête de la Circoncision de Notre-Seigncur.

Un vieux livre dit, à propos de la célébration de ce jour : «Jésus-Christ a voulu nous faire voir dans ce mystère que quoique la divinité fût jointe à son humanité, il n'était pas venu pour se dispenser de la loi. »

Quand l'année commence, l'Eglise offre aux méditations des fidèles un exemple de soumission à la loi établie, comme pour leur dire : « Pendant les jours qui vont vous venir, restez obéissants à qui vous commande au nom de Dieu. Voyez, celui qui n'avait sur sa divine personne aucune marque du péché, n'avait besoin ni de la circoncision ni du baptême; mais comme il venait enseigner l'humilité, il s'est humilié sous le joug commun »

Dans la loi de Moïse, il n'y avait rien de prescrit sur le lieu où la circoncision devait être faite; l'on peut donc croire que le fils de Marie fut circoncis dans Bethléem, où il était né, puisque les Mages trouvèrent ce divin enfant dans ce même lieu quand ils vinrent l'adorer.

C'était le jour où Ton faisait couler le sang de l'enfant nouveau-né, qu'on lui donnait le nom qu'il devait porter parmi les hommes. Le fils de Dieu avait bien le droit de prendre les noms les plus glorieux, ceux qui avaient été illustrés par les grands rois et les conquérants; mais non, ce fut celui de Jésus, qui veut dire Sauveur, qu'il préféra à tous les autres. Aussi on lit ces paroles dans l'hymne de la Circoncision :

« Pour ajouter à leur gloire, les conquérants prennent les noms des nations soumises à leurs armes. — Mais vous, ô Jésus! vous prenez un nom qui annonce la délivrance; vous aimez mieux délivrer que conquérir. »

Quand j'étais au collège, je me souviens que nos maîtres nous recommandaient d'écrire à la première page de nos cahiers d'études une pensée à la gloire de Dieu, pour sanctifier et rendre notre travail meilleur. Eh bien! dans ce nom de Jésus, mis au premier jour de l'année chrétienne, je trouve quelque chose de semblable : pour que les jours qui vont suivre cette première journée nous soient bons, la religion en a marqué la première heure par un nom de rédemption et de salut.

Ainsi, l'homme des champs, qui veut que ses prairies aient de bons pâturages, fait partir et découler tous les ruisseaux qui les arrosent d'une

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