CHEVAL ARABE
La chasse au faucon.
Voyant notre curiosité s'éveiller par cet objet long, caché sous une étoffe épaisse et que protègent des branchages formant faisceau tout autour, un de nos indigènes, du ton le plus naturel et à notre grande surprise, nous apprend que c'est là un enterrement.
Ces deux cavaliers, ô simplicité des premiers âges ! transportent au cimetière voisin le corps d'un homme de la plaine. Ils rendent, sans plus de cérémonie, ce dernier devoir à leur semblable. Bientôt ils sont hors de vue. Et notre repas s'achève sans autre incident.
Renfourchant alors nos montures, nous commençons la chasse.
Tous les chasseurs se forment sur une seule ligne, par intervalles d'environ vingt mètres, à distance des fauconniers, dont l'équipage a pris l'avance et qui marchent en éclaireurs, faucon au poing. Presque tous montent des juments. Excités par ce voisinage, les chevaux écument d'impatience.
Cinquante cavaliers, parmi lesquels ressortent vivement les uniformes galonnés des officiers et les manteaux rouges de nos spahis, foulent d'abord une broussaille clairsemée. On fait ainsi deux lieues, toujours au pas, avant d'accoster le terrain favorable.
Les genêts et l'alfa y croissent en touffes abondantes que nos Arabes fouillent d'un œil exercé, surtout les plus épaisses. Ils les tournent avec bruit en agitant leurs burnous, pour débusquer le gibier.
« Haou ! haou! » crient-ils de temps en temps.