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CHAPITRE III

tubes de lunette peuvent se mouvoir autour de ce prisme. Il est enfermé dans un tambour noirci percé de trois ouvertures en A, B et C. L’un des tubes porte une fente f, dont on peut faire varier l’ouverture au moyen d’une vis. Derrière cette fente brûle le bec Bunsen, dans la flamme duquel on introduit, au moyen d’une spirale ou d’un morceau de toile de platine mobile le long d’une tige verticale, des parcelles de la substance à essayer. Un objectif O, dont le foyer est en f, rend les rayons parallèles. Le faisceau réfracté est reçu dans une petite lunette à réticule L, pouvant tourner autour de l’axe du prisme. En m est placé un micromètre horizontal éclairé par derrière au moyen d’une lampe et dont l’image se réfléchit sur la face d’émergence du prisme et se projette sur le spectre, de sorte que l’on peut voir avec quelles divisions coïncident les raies que l'on observe. On peut du reste, à l’aide d’une vis micrométrique, déplacer verticalement ou horizontalement l'image du micromètre, ce qui permet de placer l’échelle à n'importe quelle hauteur et de faire coïncider une raie avec une division déterminée.

La partie inférieure de la fente porte un petit prisme qui permet de comparer le spectre de deux flammes. On peut, en effet, placer latéralement une deuxième flamme et les rayons émis par cette dernière éprouvant la réflexion totale dans ce prisme, formeront en traversant le prisme central un spectre au dessous de celui donné par les rayons qui passent dans la partie libre de la fente.

Les spectres des métaux se composent de raies brillantes qui sont d’autant plus nombreuses que la température est plus élevée. Voici les principales raies correspondant à quelques métaux : le sodium et ses sels donnent ainsi une raie jaune brillante, coïncidant avec la raie noire D du spectre solaire; si la dispersion est grande, cette raie peut être dédoublée; le potassium, deux raies, l’une rouge, l’autre bleu indigo; le lithium, une belle raie rouge carmin, une raie très pâle rouge orangé, et si la température est très vive, une raie bleue ; le strontium, une série de raies, surtout orangées, deux rouges et une bleue qui caractérise surtout ce métal en présence de la chaux.

Une première application de la méthode spectroscopique a été la découverte par Kirchhoff et Bunsen de deux nouveaux métaux, qu’ils désignèrent sous les noms de cæsium et de rubidium ; celte découverte a été suivie de plusieurs autres.

ESSAIS PAR VOIE SÈCHE

La méthode spectroscopique a permis aussi d’établir la diffusion dans la nature de certains métaux, tels que le lithium, considérés auparavant comme très rares.

Sa sensibilité est excessive. On peut en juger parce fait que l’on aperçoit très nettement la raie du sodium, en faisant détoner dans une chambre de 60 mètres cubes un mélange de trois milligrammes de chlorate de soude et de sucre de lait. Or il est facile de calculer qu’il ne passe pas plus de âüôûo uuo milligramme de sel dans les ;>0 centimètres cubes qui traversent la lampe Bunsen dans une seconde, il suffit de secouer un objet quelconque au voisinage de la flamme pour que celle-ci ellemême se colore d’une manière manifeste, par suite des traces de sels de soude contenus dans la poussière. Un fil de platine donne de même une coloration jaune s’il n’a pas été chauffé pendant quelque temps au préalable. Le spectre de la flamme présente dans ces conditions avec la plus grande netteté la raie jaune du sodium.

Bandes d' absorption. — Si l’on interpose devant une flamme, donnant un spectre continu, un liquide coloré, ce liquide absorbera certains rayons correspondant aux diverses portions du spectre. De là résulte la production de bandes d’absorption qui pourront servir à caractériser certains corps.

On se sert encore du spectroscope : le liquide coloré qu'on étudie est enfermé dans un tube aplati si la coloration est intense, sinon dans un tube à essai; enfin, si la dilution est très grande, dans un tube que l’on regardera dans le sens de sa longueur; on interpose le tube entre la fente du spectroscope et une lumière blanche.

C’est ainsi qu’avec une solution concentrée d’hémoglobine, on n’apercevra que la partie rouge du spectre; la lumière jaune entre les raies C et D apparaîtra vaguement; les autres couleurs auront disparu. Si la solution est diluée et si l’on a affaire à de l’hémoglobine oxydée (oxyhémoglobine), on voit le spectre entier et entre D et E deux bandes noires séparées par un intervalle lumineux (fig. 6) ; la plus j, rapprochée de D est plus étroite; l’autre a une |

largeur double. On peut encore apercevoir ces Fig G bandes avec une dilution correspondant à Bandes d’absorption

d’hémoglobine. — Si, en second lieu, on soumet de 1’oxJ'hem°slot,mel’hémoglobine à l’action d’agents réducteurs, tels que l’hydrogène

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