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CHAPITRE X

soufre, la nature de ces corps serait facile à reconnaître par combustion sur une lame de platine.

67. Nous allons passer en revue les principaux sels insolubles dans l’eau et dans les acides, sels dont le nombre est très peu considérable, et dont la détermination sera par suite des plus faciles.

Nous écarterons d’abord le sulfate de chaux et le chlorure de plomb qui sont, le second surtout, assez solubles pour qu’on en puisse déterminer le métal par les méthodes relatives aux sels solubles.

Ces sels sont les suivants : chlorure, bromure, iodure d'argent, sulfate de plomb, sulfate de baryte et de strontiane, silicates, fluorure de calcium.

On fera un premier essai consistant à humecter le sel insoluble avec du sulfhydrate d'ammoniaque. Si le sel noircit, on conclura à la présence du plomb ou de l’argent, et on opérera le traitement par les carbonates alcalins dans un creuset de porcelaine. Dans le cas contraire, on se servira d’un creuset de platine.

68. Les chlorure, bromure et iodure d'argent fondent quand on les chauffe dans un tube à essai. — Us noircissent quand on les mouille avec du sulfhydrate d'ammoniaque. — Si on les calcine dans un creuset de porcelaine avec un carbonate alcalin et qu’on reprenne la masse fondue par l’eau, de l’argent soluble dans l’acide azotique restera comme résidu, et le chlore, le brome, l’iode passeront a l’état de chlorure, bromure, iodure alcalin.

On pourrait aussi, et même plus commodément, lorsque les deux premiers essais indiquent la présence de l’argent, amener les sels à l’état de solution en les abandonnant pendant quelque temps avec du zinc et de l'acide sulfurique étendu d’eau, qui les décomposeront en acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique, et en argent métallique.

69. Le sulfate de plomb est infusible. — II noircit par le sulfhydrate d' ammoniaque. — Pulvérisé et bouilli avec une solution de carbonate de soude, il est transformé en carbonate de plomb, qui sera séparé par l’eau et dissous après lavage complet dans l’acide

détermination du métal d’un sel INSOLUBLE. 63

azotique, l’acide sulfurique ayant passé à l’état de sulfate alcalin soluble.

70. Les sulfates de baryte et de strontiane seront chauffés avec les carbonates alcalins dans un creuset de platine, ou même, si l’on a affaire à des sulfates artificiels obtenus par précipitation, seront bouillis avec une solution de carbonate de soude , comme dans le cas précédent. Ils seront ainsi transformés en carbonates terreux, que l’on séparera en reprenant la masse par de l’eau ; l’acide sulfurique passera, de même que précédemment, dans la liqueur, combiné aux alcalis; les carbonates insolubles seront encore dissous dans l’acide azotique après filtration et lavage complet, et les terres caractérisées dans la solution.

71. Les silicates seront de même traités par les carbonates alcalins dans un creuset de platine. La base sera mise en liberté, et, suivant sa nature, restera en solution dans le produit repris par l’eau (silicate alcalin) ou comme résidu qu’on pourra dissoudre dans les acides, après lavage et filtration, que l’on caractérisera ensuite. La silice passera à l’état de silicale alcalin soluble. Si la base reste en dissolution, il faudra, pour distinguer la potasse et la soude, opérer la fusion avec du carbonate de soude seul dans le premier cas, avec du carbonate de potasse seul dans le second; on ajoutera un excès d’acide chlorhydrique et l’on évaporera à sec de manière à précipiter la silice et à la rendre insoluble. On recherchera la potasse ou la soude dans la liqueur.

72. Enfin le fluorure de calcium donnera dans le même traitement un fluorure alcalin soluble et du carbonate de chaux. On reconnaîtra du reste immédiatement ce corps par l’action corrosive qu’exercent sur le verre les vapeurs résultant de son attaque par l’acide sulfurique dans un creuset de platine.

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