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CHAPITRE XV

liqueur portée à l’ébullition se trouble en produisant un précipité ocreux de sel basique; si le perchlorure de fer n’est pas en excès, la liqueur se décolore complètement. — L’acide formique neutralisé par un alcali, ou les solutions d’un formiate alcalin, réduisent à l’ébullition le nitrate d'argent avec production d’un précipité noir d’argent. Si les solutions ne sont pas trop étendues, il se produit d’abord à froid un précipité blanc de formiate d’argent qui noircit ensuite en se réduisant à chaud. La réduction est empêchée par un excès d’ammoniaque. — La solution d’un formiate étant évaporée à sec au bain-marie, et chauffée avec de Y acide sulfurique et de Yalcool, il se produit de l’éther formique qui a une odeur de rhum très caractéristique. — L'acide formique est oxydé par Yacide azotique, avec production d’acide carbonique, de vapeurs nitreuses et d’oxydes d'azote.

94. Acétates. — Même action des acides et même réaction avec le perchlorure de fer. — Les acétates alcalins se réduisent par Y azotate d'argent. — Leurs solutions étant évaporées à sec et chauffées avec de Yacide sulfurique et de Yalcool , il se produit de l’éther acétique très reconnaissable à son odeur.

95. Azotates. — L’acide azotique ou les azotates en solution additionnés d 'acide sulfurique , et traités par de la tournure de cuivre, donnent un dégagement de bioxyde d azote qui se transforme au contact de l’air en. va peurs rouges d’acide hypoazotique; cette production d’acide hypoazotique se manifeste surtout en faisant la réaction dans un tube à essai, et regardant dans l’intérieur du tube, dans le sens de sa longueur. — La réaction suivante permet de reconnaître des traces d'acide azotique dans une liqueur : on mélange cette dernière avec son volume d'acide sulfurique concentré , et, sur le mélange refroidi, on fait couler, en versant doucement sur les parois du verre et en ayant soin de ne pas mélanger les deux couches, une solution saturée de sulfate de protoxyde de ter; il se produit sur la couche de séparation une coloration pourpre, qui devient ensuite brune ou rougeâtre. — Nous indiquerons enfin une réaction encore plus sensible de l’acide azotique fondée sur sa transformation en picrate

d'ammoniaque : on emploie comme réactif une solution de phénol pur dans l'acide sulfurique pur monohydraté dans la proportion :

Phénol 3 grammes.

Acide sulfurique 37 —

On évapore à sec au bain-marie la solution pouvant contenir un azotate; si l'acide azotique peut être à l’état libre, on a soin d’ajouter au préalable de l’ammoniaque en excès; on laisse refroidir et on ajoute au résidu deux ou trois gouttes du réactif sulfo-phénique, en ayant soin de le promener avec un agitateur sur toute la paroi de la capsule ; on ajoute quelques gouttes d’eau distillée, puis un excès d’ammoniaque ; on obtient ainsi une solution de picrate d’ammoniaque, d’une coloration qui est encore très nette avec des quantités d’acide azotique correspondant à quelques centièmes de milligramme. On peut ainsi caractériser et même doser (colorimétriquement) les azotates en dissolution dans l’eau ordinaire. Mais ce procédé est d’une sensibilité trop grande . pour pouvoir être appliqué en général à la recherche de l’acide azotique dans l’analyse des sels.

96. Stannates, antimoniates , arsénites , arséniates. — Ces acides sont précipités par l’ hydrogène sulfuré dans les solutions acides. On aura donc trouvé, dans la recherche des métaux, de l’étain, de l’antimoine, de l’arsenic. On verra si l’étain et l’antimoine sont à l’état d’acides, par la transformation en sel alcalin. Ces métaux, en effet, seraient précipités par le carbonate de soude, s’ils étaient contenus dans la liqueur primitive à l’état d’oxydes basiques, et la liqueur filtrée ne précipiterait pas par l’hydrogène sulfuré. Si, au contraire, ils étaient contenus à l'état d’acides, ils passeraient tout entiers dans la liqueur séparée du précipité qui peut être produit par le carbonate de soude. Enfin, s’ils existaient à la fois sous ces deux états, on les trouverait en même temps dans la liqueur et dans le précipité. ( Voir les caractères des métaux : 41, 42, 43, p. 48 et 49.)

Le précipité produit par l’acide arsénique ne se produit que très lentement, surtout à froid, et ce caractère le distingue de l’acide arsénieux. — On peut encore caractériser ces deux acides par la réaction de Y azotate d'argent qui, avec une solution neutralisée, donne un précipité rouge brique pour le premier ( voir 42, p. 49), jaune pour le second. En

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