‹ Tableaux d'analyse qualitative des sels par voie humideChapitre 60 sur 69 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

que le papier de curcuma peut prendre après dessiccation en présence de l’acide chlorhydrique concentré ; la coloration due à l’acide borique vire au bleu ou au vert par l’action des alcalis ; l’acide chlorhydrique la ramène au rouge.

101. Fluorures. — Précipité par Y azotate de baryte soluble dans l’acide chlorhydrique. — Traités par Y acide sulfurique dans une capsule de platine, ils émettent des vapeurs d’acide lluorhydrique qui corrodent le verre.

102. Oxalates. — Précipité par Yazotate de baryte soluble dans l’acide chlorhydrique. Ce précipité se dissout notablement dans les sels ammoniacaux. — Les sels de chaux donnent, avec les oxalates alcalins, un précipité d’oxalate de chaux insoluble dans l’acide acétique ; en présence d’un acide libre, la réaction pourra être effectuée après neutralisation par un alcali et addition d'acide acétique, ou simplement après addition à la liqueur d 'acétate de soude. — Le précipité d 'oxalate de chaux, chauffé sur une lame de platine, se décompose sans noircir, en produisant du carbonate, puis de la chaux alcaline au tournesol. — Chauffé avec de Y acide sulfurique dans un tube à essai, l’acide oxalique ou un oxalate se décompose en donnant lieu à un dégagement d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, et ce dernier peut être enflammé en donnant une flamme bleue. — Si on mêle de l’acide oxalique ou un oxalate avec du bioxyde de manganèse en poudre fine, (exempt de carbonate), et que l’on ajoute un peu d’eau et de l’acide sulfurique, il se produit une effervescence due à un dégagement d’acide carbonique. S’il y avait des carbonates mélangés aux oxalates, on les décomposerait d’abord par un acide.

103. Phosphates. — Précipité par Yazotate de baryte, soluble dans Yacide chlorhydrique et dans Y acide acétique, ainsi que le phosphate de chaux. — Précipité blanc jaunâtre par le perchlorure de fer, insoluble dans l’acide acétique (pouvant être obtenu en présence d’un acide libre par l’addition de l’acétate de soude) ; le phosphate de fer est assez soluble dans les sels de peroxyde de fer; aussi ne doit-on verser qu’une goutte de perchlorure de fer ; pour la même raison, on doit, pour rechercher par cette réaction l’acide phosphorique en présence de

grandes quantités de peroxyde de fer, commencer par réduire ce dernier. Cette réaction est commune aux phosphates et aux arséniates. — Précipité jaune par le molybdate d' ammoniaque ; la liqueur qui surnage le précipité est incolore. Ce réactif doit être employé en grand excès; on devra donc, pour obtenir une précipitation nette et complète, en verser plusieurs centimètres cubes sur quelques gouttes seulement de la liqueur dans laquelle on veut rechercher l’acide phosphorique ; certaines substances organiques, l’acide tartrique, par exemple, empêchent la précipitation .

104. Tartrates. — Précipité par l'azotate de baryte, soluble dans V acide chlorhydrique , dans Y acide acétique et dans les sels ammoniacaux. — Une solution d’acide tartrique additionnée d’une solution saturée de chlorure de potassium , donne un précipité de crème de tartre par l’agitation, surtout après addition d’alcool. Il en est de môme avec les autres sels de potasse ; cependant l’acétate de potasse que l’on indique généralement convient peu pour cet essai, car un excès de ce sel dissout une quantité notable de crème de tartre. La production de la crème de tartre est empêchée par la présence d’une quantité notable d’acides minéraux ; en présence de ces derniers, on pourra l’obtenir après les avoir neutralisés, au préalable, tout en laissant l’acide tartrique en liberté, résultat qu’on obtiendra en versant goutte à goutte de l’eau de baryte dans la liqueur, additionnée de violet d’aniline, jusqu’à ce que la coloration verte, due aux acides minéraux, soit remplacée par une coloration violette. En présence de l’acide borique, la réaction ne se produit pas, à cause de la formation d’un composé très soluble d'acide borique, d’acide tartrique et de potasse. — L’acide tartrique, soumis à la calcination, se carbonise en répandant une odeur de pain brûlé caractéristique. — Ses solutions, du moins dans le cas de l’acide tartrique ordinaire, ont un pouvoir rotatoire à droite. — Elles donnent à froid un précipité avec Y eau de chaux en excès ; ce précipité se redissout dans un excès d’acide tartrique.

105. Citrates. — Précipité par Y azotate de baryte soluble dans les acides chlorhydrique et acétique, assez soluble dans les sels ammoniacaux. — L’acide citrique libre ne trouble pas à froid Y eau de chaux ; mais, à l’ébullition, il se produit un précipité de citrate de

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cfiaux qui disparaît ou du moins qui s éclaircit par refroidissement. 1 our que cette réaction, qui est très caractéristique, se produise, il faut éviter avec soin un excès d’acide, et ne verser qu’une goutte de la liqueur dans un volume considérable d’eau de chaux. Le précipité de citrate de chaux se dissout, en effet, très facilement dans un excès d’acide citrique. La réaction est empêchée par les acides minéraux ; en présence de ces derniers on pourra la produire en neutralisant ces acides comme nous l’avons vu pour l’acide tartrique. La recherche de l’acide citrique pourra se faire de même en présence de l’acide tartrique, après avoir séparé, par filtration, le précipité formé à froid par ce dernier dans un excès d’eau de chaux.

106. Chlorures, Bromures, Ioclures. — Pas de précipité par Y azotate cle baryte. — Avec l 'azotate d'argent on obtient un précipité insoluble dans l’acide azotique, blanc et très soluble dans Y ammoniaque dans le cas des chlorures, blanc jaunâtre et moins soluble dans l’ammoniaque dans le cas des bromures, jaune et très difficilement soluble dans le cas des iodures. Le zinc et Y acide sulfurique y régénèrent les acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, avec mise en liberté d’argent métallique. — L’acide chlorhydrique étant chauffé avec de Yacide sulfurique et du bichromate de potasse, il se produit des vapeurs orangées d’acide chlorochromique, qui peuvent être distinguée^ des vapeurs de brome parce que, lorsqu’on les dirige dans l’ammoniaque étendue, celle-ci est colorée en jaune; la réaction peut être faite dans un tube à essai ou dans un petit ballon muni d’un 'tube recourbé qui plonge dans un autre tube à essai contenant la solution d’ammoniaque. — L'eau de chlore déplace le brome dans les bromures, et l’iode dans les iodures. Si l’on agite la liqueur avec du sulfure de carbone, ce dernier s’empare du brome et de l’iode et forme une couche inférieure colorée en brun dans le premier cas, en violet dans le second. Dans cette réaction de l’eau de chlore sur les bromures et les iodures, il ne faut verser, du moins au début, l’eau de chlore que goutte à goutte, en agitant après chaque addition, car un excès de chlore formerait avec le brome et l’iode d’abord mis en liberté des chlorures de brome et d’iode incolores, et l’on pourrait ainsi laisser passer inaperçue la rpise en liberté du brome et de l’iode.

CARACTÈRES DES PRINCIPAUX ACIDES. 9cî

107. Chlorates et perchlorates. — Les solutions de ces sels ne sont précipitées ni par Y azotate de baryte, ni par l 'azotate d'argent. — Évaporées, après neutralisation préalable, si elles sont acides, et calcinées au rouge, puis reprises par l’eau, et acidulées par l’acide azotique, elles sont précipitées par Yazotate d'argent, par suite de la transformation en chlorures. — Les chlorates se distinguent des perchlorates parce que leurs solutions sont jaunies par l’acide sulfurique concentré.

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