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la forêt. Son costume était militaire^ mais son air vénérable nous a empêchés de le saisir. »
Berne capitula le jour où s'accomplit la 415^ année de son entrée dans la Confédération. La ville était morne ; des fuyards et des blessés en traversaient seuls les rues. Quelques suicides marquèrent cette journée. On ensevelit en silence les citoyens morts pour la patrie. Schauenbourg garantit la sûreté des personnes et des propriétés, et spontanément le libre exercice de la religion. Son armée entra dans Berne en bon ordre; discipline sévère; peu de pillage; mais aux environs de la ville violences de tout genre.
A cette issue, Tirritation du peuple et des milices devint une frénésie. Plusieurs officiers furent massacrés. Le général d'Erlach, abandonné des siens, entouré de Français, auxquels il put échapper avec peine, prit la route de Thoune, pour organiser au sein des Alpes de TOberland un foyer de résistance. A trois lieues de Berne, dans un village, des bandes de soldats échappés au carnage Tinsultèrent et Tarrêtèrent. D'autres bandes descendaient des montagnes; parmi
elles, des femmes demandèrent impétueusement la mort du général, car il leur fallait une victime. On le garrotta sur une charrette, on le traîna haletant de
soif et de fatigue. Mille voix féminines s'écrièrent: « Qu'il périsse î » Le soldat n'osa d'abord consommer Tattentat. Quelques baïonnettes effleurèrent le héros. A la vue du sang, les femmes se jetèrent sur son corps et le mirent en pièces. Ainsi périt le défenseur de la Confédération vieillie, digne descendant de ce Rodolphe d'Erlach qui vainquit à Laupen, en 1339, Tarmée des seigneurs ligués contre la jeune Confédération.
L^avoyer de Steiguer jeta un dernier regard sur sa ville natale, maintenant asservie, et lui dit adieu pour toujours. Des sous-officiers le conduisirent périlleusement à travers les hordes furibondes. En chemin, il apprit la destinée de son ami qu'il allait rejoindre. Au même instant la calèche qu'on avait pu lui procurer fut entourée des meurtriers encore tout dégouttants du sang d'Erlach. Cent baïonnettes se tournèrent contre sa poitrine ; de rudes mains le saisirent. Le vieillard se tournant avec calme et dignité vers la foule : cf Epargné par les balles de l'ennemi, dit-il, si je suis destiné à périr par la main de mes compatriotes, je ne crains pas davantage cette mort; mais sachez du moins qui vous tuez. » A ces mots il découvrit sa poitrine. L'ordre de T Aigle-Noir flt reconnaître le chef de
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