M. DE CHOISEUL ET M« DE GUÉMENÉE
M* DE Choiseul étant à Versaillies au mois de janvier 1778, pour la oérémonie de Tordre y demanda un rendez-vous à la princesse de Giiéii^nëe ^ qui d'abord parut en être charmée 9 mais^jui, réfléchissant sans doute ensuite à l'objet ^de ce renda^-vous y cheixha bientôt à l'éluder soilB différens prétextes. M. de Ghoiseul termina bientôt les difficultés, en lui disant qu'il viendrait le 'lendemain , et l'attendrait jusqu'à ce qu'elle fût rentrée et visible.
Il n'était pas possible d'échapper à cette visite ; aussi madame de Guémenée se trouva-t-elle chez elle, quand M. de Ghoiseul
ao8 CONVERSATION
arriva; elle était au bain. Après les pre- • miers complimens y M. de Choiseul eut avec elle la conversation qu'on va lire. "
(c Je vais vous apprendre, madame, pourquoi j'ai désiré avec tant d'instances un moment de conversation ; vous savez les liens qui m'attachent à madame de Lauzun (ici la princesse ne peut s'empêcher de rougir), et que ses malheurs ne font que resserrer. Il m'est revenu que vous aviez dit que vous aidiez en poche de quoi la déshonorer^ cette idée m'afflige ! Plus le propos est affirmatif , plus il est accablant : serait-il possible que madame de Lauzun eût trompé sa famille et le public? C'est
* Un an après cette conversation, la duchesse de . Gramont me la conta ainsi qu'à plusieurs personnes qui passaient la soirée chez elle. Elle conte avec beaucoup d'agrément et de feu : je retins ce qu'elle m'avait dit; et me trouvant peu après à la campagne, je récrivis , et je puis assurer que je n'y ai pas changé une parole. {"Note de V auteur du morceau.)