DU DUC DE CHCHSËUL
sur quoi je Tiens tous prier^ madame , de vouloir bien nous éclairer. »
Madame de Guémenéé n'était pas tentée d'interrompre ce début ^ pour se ménager le moyen de réfléchir à ce qu'elle pourrait répondre : elle garda un moment le silence ; mais comme il fallait bien finir par le rompre > elle chercha à éluder*
« Je vois bien , dit-eUe , que ceci est une nouvelle querelle au sujet du marché de M. de Lauzun avec M. de Guémenéé. — U ne s'agit point 5 madame j de ce marché ^ sur lequel il est vrai qu'on a tenu quelques propos } il s'agit de madame de Lauzun j de ce que vous avez ^dit que "ûous wiez en poche de quoi la déshonorer. — Mais , monsieur^ je ne suis pas obligée de vous répondre^ et ce marché n'est pas mon af«« faire. — Encore un coup^ madame, il n'est pas question de ce marché , mais de madame
de Lauzun : vous avez dit que vous aviez en poche..... — U n'j a que M. Duchâ-
telet qui puisse vous avoir dit cela, monsieur. — S'il a pu me le' dire, madamie, vous le lui avez donc dit? Voilà déjà une chose convenue entre nous. Maintenant, voudriez-vous me dire pourcpioi vous le lui avez dit ; car il est impossible que vous lui ayez tenu un tel propos sans avoir une raison. — Quand cela serait, m.onsieur, serais^'e obligée de vous la dire? Prétendez-vous me faire subir un interrogatoire? — Je prétends, madame, que vous donniez la preuve de ce que vous n'avez pas pu dire sans preuve. — Monsieur, me ferez-vous assigner en justice? — Non , madame; mais je supplierai le 'Roi de vouloir bien vous faire venir près de lui. Sa Majesté est trop juste pour ne pas accorder, à une famille affligée , le seul moyen qu'elle ait de* connaître des torts dont vous avez la preuve en poche. — Mais, monsieur.... mais.... — Vous êtes embarrassée, madame; permettez -moi de vous aider. Peut-être n'avons -nous pas les
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mêmes idées sur ce qui peut déshonorer une femme? et le moyen de s'entendre est de s'expliquer. — Mais, monsieur, qu'est-ce que tout cela veut dire ? — Un peu de patience y madame. Tenez , voyons ce qui déshonore une femme. Elle est déshonorée, par exemple , je ne dis pas lorsqu'elle a un amant , n'est-ee pas ? mais elle est déshonorée lorsqu'elle en a plusieurs ensemble*, ou tellement près l'un de l'autre qu'on ne puisse pas croire qu'elle ait pour aucun un véritable attachement. Elle est déshonorée lorsqu'elle les prend sans discrétion ; quand elle les affiche et les quitte sans ménagement; quand elle ne mérite pas qu'ils restent ses amis ou ses connaissances. Voilà , madame, ce qui dés|^onore une femme; mais j'ai bien de la peine à croire que ce soit là ce que vous imputiez à madame de Liauzun. Vous ne croyez pas même qu'elle ait un amant. Si cependant vous aviez la preuve en poche.... »
ail CONYERSATIOîf
Il est ailé de conceroir rembarras de madame de Guémenée ^ qpi se totutuentait et se retournait dam sob bain , sans savoir que répondre y oU ne répondait que des
m.ols entrecoupés KMaia^ mon Dieu*...
je ne dis pas cela.... Pcwquoi me fiiire dire ce que je ne dis pas?«..
-«- (T Ce n'est donc pas cela^ mackime? reprît M* de Cboiseul ; je nma ayo/ae quq je ti'e»
doutais pas : mais poura^yoiis. Une ftmme est encore déshonorée ^ lorsqu'elle joue un jeu exceissif ; lorctqu'eUe passe les. nuits ou jeu; lorsque sa maison est une nùtison de jeu ^ lorsqu'â^rès ayoir perdu elle ne paie pas^ car les lois du jeu sdnt^ à la vérité^ faîtes pour les hommes > mais qimnd les femmes partagent I^uri tra?er», oea lois leur deviennent communes^ et rentablement une feiimie se déshonore lorsqu'elle se met dans le cas et de les suivre et de les négliger. Serait-ce sur ceki que madame de Lauzun nous tromperait ? on ne la voit ja^