‹ Tableaux de genre et d'histoire, peints par différens maitres: ou, Morceaux inédits sur laChapitre 3 sur 47 · A MON AMI. XV · texte numérisé non relu

A MON AMI. XV

mont A ventin , le teiiq>Ie de la PudicUê pa-tricienne.

Cependant sous le règne trop court du bienfeisant et malheureux Louk XVI , la haute société vous offrira, mon cher Scbnete, bien plW de résisrYe et de décence, <{ue sous le règne précédait. Vous y remarquerest la même politesse unie à plus de grâce; la niênie légèreté , mais peut-être aussi plus d'imprudence. ¥ous ne lire^ pas, je crois; sans surprise, les lettres du chevalier de Lille, sun la cour de France. Quoique le temps fut déjà chargé de nuages assez sombres, on riait, on chantait encore aux apprcwiies d'une révolution menaçante, comme dans le charmant tableau de notre ami Kobect, des Ns^litain», dan& leur insouciante ivresse^ se livrent à de folâtres jeux , à la vue des sommets fumans dn Vésuve.

Presque toujours proportionnés an sujet, les cadres de ces tableaux n'ont point une grande étendue. Les personnages qu'ils renferment sont, en général, de petites proportions. Quelques figures s'élèvent cependant de

xyj LETTRE A MON AMI.

beaucoup au-dessus des autres : c'est Frédéric à Sans-Souci, c'est Mirabeau qu'on^ aperçoit au pied de la tribune. Elles rappellent tout ce qui peut ùàre battre le plus vivement le cœur des hommes : la gloire et la liberté. Mais ces grands objets sont, si je puis m'expi4mer ainsi, moins peints qu'indiqués sur la toile : on ne les voit encore qu'en perspective. Au lieu des graves intérêts que discute aujourd'hui notre âge, les générations précédentes ne vous ofïriront guère ^ dans cet album, que l'image .de leurs travers ou de leurs plaisirs.

Puisse , mon ami , cette légère image d'un temps qui n'est plus, vous amuser et vous plaire ! Parcourez ce volume avec indulgence ; et quoique vous viviez dans la cité sainte, rappelez-vous quelquefois que le tableau qui peint le mieux les mœurs, n'est pas toujours le plus moral;

F. fiARBliRB.

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