‹ Tableaux de genre et d'histoire, peints par différens maitres: ou, Morceaux inédits sur laChapitre 39 sur 47 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

Versailles, 6 mai i;83.

Pardieu, que j'en suis piqué! Une lettre de quatre pages, galonnée de tous les côtés ! Et vous ne l'avez pas reçue? Il n'est pourtant pas possible qu'on l'ait arrêtée, retenue, confisquée à la poste; car je ne disais rien contre la religion, que je trouve trop ennuyeuse pour en parler; ni contre le gouvernement , dont la douceur et la liberté ne me laissent aucune plainte à faire ; ni contre les mœurs, que je voudrais voir universellement pures , afin d'être comme tout le monde, les miennes l'étant forcément devenues; ni contre qui que cfe soit; pas même contre ce vieux maréchal de Richelieu , de qui je vous tontais, historiquement et sans nul venin, la noire méchanceté, lorsque, pour nuire à M. le duc de Choiseul, il a privé toute la bonne compagnie de Paris

a^o LETTRES INÉDITES

d'un spectacle extraordinaire dont elle allait jouir dans la nouvelle salle de la Comédie italienne : dernier coup de grifle y que ce vieux tigre 9 à peine respirant ^ a su déta-» clier encore* Je vous paiiaia de nos petits inoculés^ du bonliew de leurs» laèresf^ de celuii aiHrtouty devaademe deSabran^ qm yeiÊit aujourd'hui fair^ inoculer jusqu'à M» l'évoque de La^n^^ tant die trouve que l'inoculation » qui lui donimt tant de craintes 9 est une chose douce^ sîmjde, excelleatc. G'^t deauûu que cette joyeuse société du Gdros-Gs^ou sera difiaoute, au graud re^^ die^tous ceux qui la €0U!q>09eBi.

U est iisposâibley en efièt^ d'étore (dut ai* lu^les et plus heureux que now Favons été pendant les %r(m semaines qui viennent de s'écouler. Je comptais en reoommimfser troi» autres à Passy^ comme gardien de la bichc^te, inoculée d^uia samedi demia?; maJA le chirurgien Desoteux crmt que le venin fie prendra pas : jusqu'ici rien n'an-

SUK LA COUR DE FRANCE. ft^l

momsty efk(Arvementy qull doive prandhre :

akisi nous la iraiïnenermis blanche et fine comme elle est Tenue. Je l'ai quittée aujoux^ d'hfur pour venir voir madame de PoUgnac , qui a eu deux petits aecès àe fièvre oeesH sionhés par une fluxion au cou. EUe m'en parait quitte ; et moi, pour l'être aussi de la ccmïmission qu'elle me donne , je voius dis^ mon cher prince ^ qu'dile vous aime, vous regrette et vous salue. La comtesse tHane veut vous écrire de sa prc^re main« Je n'anf* ticiperai point sur les tendresses qu'dile se propose de vous dire en réponse k celles dont est remplie la lettre qu'elle vient de recevoir devons. Je ne vous dimi pas, non plus, que madame d'Ursel a été, pendant deux ou trois jours que j'ai passés ici avec elle, ce qu'on peut appeler, dans toute la valeur des termes, parfaitement aimable; mais s'étendre là-dessus , ce serait raconter qu'il était jour en plein midi '. Savez-vous

' Madame la duchesse d'Ursei apj^arteiiaîf à Tune

que notre comte Panin est mort subitement à la fin d'une . partie de whist eh buyant un verre d'eau. Les mauvaises langues disent que c*est encore un tour de la bonne Matowschka * \ vous en croirez ce que vous voudrez. Celui qui m'écrit ce fait ajoute que le prince Potemkin part le 12 pour Kerson , et qu'il parait que la guerre est décidée. C'est peut-être ce qui détermine à faire M. le baron deMontmorenci^ M. d'Aubeterre et d'autres guerriers, maréchaux de France. Nous croyons que la promotion en sera fort étendue , et qu'elle est prochaine. M. le comte d'Artois a fixé son voyage à Rocroy aux premiers jours de

des familles de l'Europe les plus remarquables par leur rang et par les dons heureux de Tesprit , puisqu'elle était née d'Aremberg.

*• La bonne Matowschka; c'était le nom que les soldats donnaient à l'impératrice Catherine. « Je les ai « vus, dit le prince de Ligne, se consoler ou s'animer « au nom deMatowschka, leur mère et leur idole. ^

juillet, et c'est de là qu'il ira vous voir.

J'espère que Dieu nous fera la grâce d'y saluer tendrement mon cher prince ; madame de Goigny l'embrasse.

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