Lenain de Tillemont, Hist. des emp., t. IV
les rendit moins redoutables à la paix publique.
Ce travail de circonscriptions se rattachait d’ailleurs dans l’esprit de Dioclétien à un projet hardi, devant lequel aurait reculé une volonté à la fois moins opiniâtre et moins prudente que la sienne : le projet de renverser la dernière barrière encore subsistante entre l’Italie et les provinces. L’Italie était toujours une terre privilégiée, exempte de la plupart des impôts qui grevaient les anciens sujets de l’Empire. La loi d’unité politique, tout en affranchissant ces derniers, avait maintenu au profit des Italiens une inégalité de charges non moins humiliante qu’onéreuse pour les provinciaux devenus libres. Dioclétien l’effaça. Il fit cadastrer le sol italien, sur lequel les recensements légaux ne s’étaient jamais opérés; il le soumit aux mêmes impôts que le sol extra-italique; et suivant le langage du temps, l’Italie, reine des nations, devint tributaire comme elles. Cette révolution, dont le caractère était politique autant que fiscal , ne s’accomplit point sans de vives résistances ; des révoltes éclatèrent sur plusieurs points de la presqu’île italique, quand les agents de l’administration vinrent mesurer les champs, compter le bétail, faire le recensement des familles 1 ; mais les provinces applaudirent à cette suprême déclaration d’égalité. Comme