‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 103 sur 229 · C. T., 1 , 4 ; xu · texte numérisé non relu

C. T., 1 , 4 ; xu

du monde romain. Voilà la forme sous laquelle nous apparaît le sénat de Rome, dès le troisième siècle de notre ère, et la création d’un second sénat à Constantinople accéléra le mouvement. Ces notables étaient classés à leur tour en illustres, spectables, clarissimes, perfectissimes, etc., suivant les fonctions qu’ils avaient remplies, ou qu’ils remplissaient actuellement ; et ces qualifications devinrent les titres d’une noblesse administrative qui eut ses honneurs, ses privilèges, son étiquette rigoureusement déterminés.

Tandis que ce mouvement s’opérait dans les hauts rangs de la société, les rangs inférieurs gravitaient également vers des centres d’organisation particuliers. Les classes urbaines se groupaient en corporations d’arts et métiers; les classes rurales s’immobilisaient par le colonat, fondé sur un principe analogue à celui des corporations. Aux anciens classements par nation ou par catégorie politique on voit se substituer des agglomérations légales tirées au cordeau de l’administration, ayant pour base la similitude du travail, et pour élément de durée l’hérédité. Toutes les occupations dans lesquelles se divise la vie des sociétés tendent à devenir héréditaires, depuis le métier des armes jusqu’aux moindres professions.

Plusieurs des successeurs de Constantin furent de glorieux souverains qui apportèrent leur contingent de bonnes mesures et de sages lois à la nouvelle

constitution de l’empire. Dans ce nombre se distinguent le sévère justicier Valentinien, qui créa les défenseurs des cités, et Théodose, l’empereur catholique, qui se donna pour mission d’établir l’uniformité des croyances chrétiennes dans le monde romain. Son petit-fils, Théodose II, fit publier la collection des rescrits des empereurs chrétiens depuis Constantin: ce fut le premier code officiel de l’empire.

Telle est la série des institutions qui conduisirent le monde romain à l’unité politique et administrative. Il me reste à montrer comment elles correspondirent au progrès des idées morales et philosophiques; comment aussi elles concordèrent soit avec des modifications que reçut le droit civil, soit avec des tentatives faites au sein même du paganisme, pour fonder l’unité religieuse.

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