Petron., Salyr
naux curieux de la même classe, depuis le Sévir Habinas, marbrier en tombeaux et magistrat important, qui ne marche qu’avec des licteurs, et suit par sensualité les repas funèbres 1 , jusqu’à ces libérés des ergastules qui ont peine à oublier qu’ils ne sont plus esclaves, et le sont en effet toujours de cœur et de souvenir*. Mais du sein de cette triste et brutale société jaillissent parfois des sentiments qu’on eût cherchés en vain dans des classes plus élevées , et qui sont le produit des éléments mêmes qui la composent. Là l’esclave et le maître se touchent; et la servitude de fait est plus humaine que la loi. « Mes amis, dit Trimalcion, les k esclaves sont des hommes comme nous ; ils ont sucé * le même lait, quoique la mauvaise destinée les ait a frappés. Je. veux que de mon vivant, et bientôt, ils « boivent tous de l'eau libre 3 '.... »
Tout fait présumer que ce livre fut écrit sous les principats de Claude ou de Néron. Un peu avant celte époque, un autre Gaulois, Domitius Afer, l’orateur de Tibère 4 , brilla aux premiers rangs du Forum et du sénat; il fut un des délateurs habituels de ce règne funeste et de celui de Caius : « plus heureux par son