Musa ccelestis, Camœna togatorum. Apul., Florid., iv
en grec, en latin et en punique *, il se forma une sorte de goût mixte que pourtant le génie punique domina; et la langue desRomains, altérée en outre parla manie de l’archaïsme, prit dans ce contact quelque chose d’impétueux, d’àcre, de subtil, qui contrastait avec son caractère originel. De là sortit un âge littéraire remarquable sans doute, inférieur pourtant de beaucoup à l’àge ihéricn, non moins qu’à l’àge italique, et manquant à la fois des beautés accomplies du second et de la majestueuse grandiloquence du premier : fleur éclatante, mais un peu sauvage, éclose sous un ciel ardent, à la Umite du désert.
Ce fut vers la fin du règne de Marc-Aurèle que les écoles pœno-latines reçurent tout leur développement : elles avaient déjà fourni le jurisconsulte le plus éminent du siècle, l’Adrumétain Salvius Juüanus, rédacteur de l’édit perpétuel. Les études de jurisprudence , qui plaisaient et convenaient au caractère punique, disputeur et subtil, y furent toujours en grande faveur. Sévère avait été avocat du fisc impérial avant de prendre la carrière des armes, qui le conduisit à l’empire ; le Maure Opélius Macrinus, un de ses successeurs, était comme lui jurisconsulte s . La plupart des
1. On rapporte que l’empereur Sévère était plus éloquent en punique qu'en latin et en grec. Aurel. Vict., Epit. — Cf. Apul., Apoloy., p. 238, éd. Panck.