‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 12 sur 229 · Ad augendam rem romanam. Tit. Liv., vui · texte numérisé non relu

Ad augendam rem romanam. Tit. Liv., vui

d’une révolution inévitable et profonde. Aussi, les écrivains modernes qui, se plaçant au point de vue exclusif de Rome, oublient trop de porter quelquefois leurs regards hors de Rome, n’ont point hésité à blâmer le système des concessions de droits comme funeste à cette république, comme une des causes les plus actives de sa ruine. « La ville, dit Montesquieu, a ne forma plus un tout ensemble, et, comme on « n’était citoyen que par une fiction, qu’on n’avait « plus les mêmes magistrats, les mêmes murailles, « les mêmes dieux, les mêmes temples, les mêmes « sépultures, on ne vit plus Rome des mêmes yeux * . » Peut-être ; mais on la vit de plus haut. Ce que l’esprit de patriotisme local perdit en énergie fut plus que compensé, dans la vie morale du peuple romain, par les sentiments nouveaux de fraternité, par l’amour du bien universel que fit jaillir, comme une source inépuisable, l’esprit de large et libérale association. Non, le jour où Rome cessa d’être un petit Etat dominateur pour devenir la tête d’une grande société, ne fut point un jour néfaste dans son histoire ; Rome lui dut sa puissance, sa durée, et une gloire devant laquelle toutes les nationalités s’effacent.

C’est ici le lieu d’exposer sommairement en quoi consistaient les droits du citoyen romain : comment ils

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