‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 128 sur 229 · Tu regere imperio populos. Romane, memento · texte numérisé non relu

Tu regere imperio populos. Romane, memento

Hæ tibi crunt artes ; pacisque imponero morem,

P&rcere subjectis, et debellare superbos.

Virg., Æn.. vi, 852, seqq.

que la révolution impériale est accomplie, les poètes courtisans d’Auguste ne voient pas le caractère principal, le but réel de cette révolution, qui commence pourtant à fructifier; s’ils l’aperçoivent, c'est indistinctement *, et ils n’y arrêtent pas leurs yeux. Il est évident que les faits politiques ont devancé l’intelligence populaire, dont la poésie est l’organe. En philosophie, les ouvrages de Cicéron ne démontrent rien autre chose que l’incertitude de ses opinions : tout s’y trouve confondu; les théories philosophiques, souvent hardies, venues de la Grèce 1 2 , s’y amalgament, comme elles peuvent, avec les idées romaines exclusives. Salluste, agitateur au Forum, et conseiller de révolutions, n’admire que le passé dans ses livres. Qu’aurai-je à dire de Caton et de Brutus? Tite-Live seul fait un moment illusion. A la chaleur avec laquelle il exprime parfois les souffrances des provinciaux, on croirait qu’elles font plus que traverser son âme; que luimême y entrevoit, qu’il veut un remède efficace 3 . Mais on ne tarde pas à s’apercevoir qu’on se tromperait. Sa philanthropie n’est guère qu’une inspiration et comme une divination de son talent; car l’écrivain pompéien se laisse prendre tout le premier à ccs magnifiques évocations de la vieille Rome par lesquelles

Page 1