‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 130 sur 229 · Voir ci-dessus, p. 208 et suiv · texte numérisé non relu

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2. Arma adversus Romanos cepit, quorum ut fortuna atrox, ita causa fuit justissima. Vell. Uaterc., Il, 15. — Flor., m, 18.

3. Sociale fcellum yocetur licet ut extenuemus invidiam, si vernm tamen volumus illud civile bellum fuit. Flor., m, 18.

« avec les Romains un même peuple, une nation uni- « que quoique diverse, un seul corps en plusieurs « membres *. » Des termes non moins explicites sont employés par les mêmes historiens à propos de la révolution impériale. Suivant Florus : « La multitude « des éléments épars et discordants voulait pour s’ag- « glomérer l’autorité d’un seul ; il fallait qu’une vo- « lonté unique devînt l’âme et l’intelligence de ce vaste « corps 2 . » Tacite déclare, en propres termes, que la chute de la république fut non-seulement agréable, mais salutaire aux provinces. Quoique l’écrivain aristocratique se tienne sévèrement en garde contre les nouveautés, quelles qu’elles soient, bien des demimots, bien des aveux plus formels révèlent chez lui le progrès des temps 3 . Enfin les jurisconsultes professent dès lors, comme solidement établie par l’histoire, cette doctrine : que la révolution impériale avait été faite dans l’intérêt des nations conquises, et en vue de la bonne administration que le peuple et le sénat ne pouvaient plus leur procurer 4 .

1. Corpusfuitex membris, et ex omnibus anus est populus. Florid., tu, 18.

2 . Quod (imperii corpus) ita haud dubie numquam coire et consentire potuisset, nisi unius præsidii nutu quasi anima et mente regeretur. Flor., tv, 3.

3. Neque provinciæ ilium rerum statum abnuebant, suspecto senatus popuüque imperio ob ccrtamina potentium et avaritiam magistratuum; invalido legum auxilio, quai vi, ambitu, postremo pecunia turbabantur. Tacit., Ann., i, 2.

S. Evenit ut necesse esset reipubiicæ perunum consuli; nam sena-

La philosophie, à qui appartient le domaine entier des sentiments et des idées, fut naturellement plus hardie, plus nette encore que l’histoire : elle stimula, elle dirigea l’action politique. 11 est peu de questions, applicables à la société contemporaine, que Sénèque n’ait traitées , et souvent avec une liberté d’esprit qui nous étonne. «L’homme, dit-il quelque part, doit re- « garder le monde comme la commune habitation du « genre humain. Tout ce que vous voyez est un ; nous « sommes les membres d’un grand corps. La société « ressemble à une voûte qui ne se soutient que par « l’appui mutuel et l’agrégation de ses parties*. » Plein d’attachement pour l’Espagne, pour sa chère Cordoue, la ville de ses aïeux, d’où sa mère l’avait apporté dans ses bras, il n’y renferme pourtant point son âme. — « Je ne suis pas né pour un coin de terre, « dit-il ; mon pays , c’est le monde ; et Rome est notre « commune pairie *. » Ce mot, d’une vérité si élevée, devint plus tard, daus le droit commun, ainsi que nous l’avons déjà dit, la définition même de la ville universelle 3 . li faut voir avec quel dédain le philo-

tus non période omnes provincias probe gercre potcrat. Pompon., de Orig.juris. L. 2. Digest., de Orig., § 11.

1. Societas nostra lapidum fornicationi simillima est, quæ casura nisi invicem obstarent, hoc ipso sustinetur. Senec., Epist., 06.

2. Non sum uni angulo natus; patria mea totus est hic muudus. Epist., 38. — Roma velut communia patria est. Cons. ad Helv., 6.

3. Roma communia nostra patria est. L. 33. Digest., Ad municip . — Omnium est patria. l. 19, Digest., Interdic. et releg., etc.

sophe parle des divisions des États, des séparations des provinces : « Que l’homme est ridicule avec ses « frontières! Le Dace ne franchira pas l’Ister; le Stry- « mon servira de borne à la Thrace ; l’Euphrate sera « une barrière contre les Parthes; le Danube séparera « la Sarmatie de l’empire romain ; le Rhin marquera « où s’arrêteront les Germains ; les Pyrénées élèveront » leurs cimes entre l’Espagne et les Gaules ; de vastes « déserts s’étendront entre l’Égypte et l’Éthiopie. Si « l’on donnait aux fourmis l’intelligence de l’homme, « ne partageraient-elles pas aussi un carré de jardin « en cent provinces 1 ? »

Les idées cosmopolites le conduisent naturellement à la condamnation de la guerre, comme contraire à l’ordre naturel. Il voit l’application de ce principe dans les nouveaux rapports que Rome établit entre les nations ; la domination romaine , c'est la paix romaine 2 . Cette magnifique expression est répétée par Pline l’Ancien 3 ; on la trouve aussi inscrite au frontispice d’un temple bâti par Trajan sur l’Euphrate 4 . Le moraliste espagnol ne recule devant au-

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