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« l’homme qui ne se croit pas né pour lui-même, mais « pour le genre humain 1 , et qu’anime l’amour sacré « de l’univers 3 . »
Le mouvement ne s'arrêta pas à la philosophie et à la poésie. On vit les esprits les plus habitués aux investigations calmes des sciences naturelles, les esprits même les plus sceptiques se laisser entraîner, comme malgré eux, à cette nouvelle manière d’envisager l’ordre du monde et de comprendre l’humanité. Pline l’Ancien ne parle qu’avec une profonde émotion de l’immense majesté de la paix romaine , qui ne rapproche pas seulement les nations, mais les mers, mais les montagnes, mais toutes les productions de la nature 3 . Il croit reconnaître dans le rôle que joue l’Italie, siège de l’empire, un caractère fatal, le signe d’une prédestination surhumaine : «. La Providence des dieux l’a « choisie, dit-il, pour réunir les royaumes dispersés, « pour adoucir les mœurs, pour rapprocher, par le « commerce de la parole, tant de peuples discords et « tant d’idiomes sauvages ; pour donner aux hommes « une même langue et une même civilisation; enfin,
« pour que toutes les nations de l’univers trouvassent « en elle leur commune patrie 4 . »
1. Non sibi sed toti genitum se credere mundo. Lucan., Phars.