Patin. Imp., Rom. num., p
3. Verumet ætcrnitas et pax gentium incolumitate senatusflrmantur. Tacit., Hist., 1.
foi en sa durée illimitée comme en sa nécessité. Les inscriptions de ses monuments 1 , le texte même de ses lois le témoignent aussi haut que les paroles de ses philosophes ou les chants de ses poètes. Ces idées modifièrent son culte : il se spiritualisa; l'encens ne s’adressa plus au génie protecteur secondaire d’une ville ou d’un empire passager, mais à quelque chose de plus élevé, de plus rapproché de la destinée, qui régit jusqu’aux dieux mêmes.
La ville éternelle, sainte, nécessaire, juste, foyer de toute lumière, source de toute vertu sociale 2 (expressions communes chez les écrivains de l’empire), cette ville ne fut plus un instrument dans la main des dieux; ce fut un dieu véritable résidant parmi les mortels, et, suivant l’expression d’Erinne, « habitant sur la terre « même un olympe incorruptible. »
Elle fut déesse au même titre que les grandes divinités du ciel, que Minerve qui créa l’arbre nourricier de l’Attique, que Bacchus qui inventa le vin, que Triptolème qui fabriqua la charrue, qu’Esculape qui donna la médecine aux hommes, qu’Hercule enfin , le héros des conquêtes utiles 3 .
1. Ob instauratos urbis æternæ muros, portas ac turres... Inscription placée au-dessus d’une des portes de Rome.
2. Sancta, sacrosancta, præstantissima in omni virtute, virtutum omnium latissimum templum, urbs ccelestis, lumen gentium, clarissimum omnium terrarum lumen, etc.