Inventrix oleæ colitur, vinique repertor
Et qui primus humo pressit aratra puer;
Ouand le polythéisme, ruiné de toutes parts, inclina vers les symbolismes pythagoricien et platonicien, on expliqua la divinité de Rome comme on expliquait toute chose dans la religion : Rome fut une émanation du dieu universel. L’âme du monde, vivifiant par mille canaux la nature matérielle et la nature morale, se révélait, disait- on, dans la sphère des existences sociales, par Rome, principe de toute société policée, régulatrice du genre humain, tête des nations 1 . Cette conception originale de Rome et de l’Empire vint imprimer au sentiment patriotique un caractère bizarre d’exaltation mystique et de tendresse rêveuse : elle en fit une sorte de dévotion de la patrie. Le poète Rutilius Numatianus me fournira un exemple de cette dernière forme, sous laquelle le patriotisme romain nous apparaît dans l’histoire.
Né en Gaule vers le milieu du quatrième siècle, et parvenu, par son mérite, aux plus éminentes dignités de l’État, entre autres au consulat et à la préfecture de la ville , Rutilius comptait parmi ces païens convaincus dont Symmaque était le chef, et qui combattaient
Aras Pæoniam menât medicina per artem,
Factus et Alcides nobilitate deus.
Tu quoque
Rutil. Num., Itin., i, 72.