Comitiae campo ad patres translata. Tac., Ann., i
3. Edicta, Constitutiones principium. Dans les cas particuliers, les décisions du prince portaient le nom de décrets; ses réponses à des consultations ou ses instructions, celui de rescrits : décréta, tescripta.
qui l’avait élevé rapidement au niveau du droit civil, c’était sa liberté et jusqu’à sa mobilité ; c’était ce travail incessant, cette émulation ardente, ces tâtonnements aventureux loin de la tradition. Tout cela était bon pour chercher, efficace pour trouver ; mais une fois les principes reconnus, l’organisation de la science réclamait tout au contraire l’esprit de suite et de maturité. On s’en aperçut de bonne heure. Dès le temps de Cicéron, on mit un premier terme à l'extrême instabilité de l’édit, en défendant aux préteurs d’y rien changer pendant la durée annuelle de leurs fonctions *. 11 s’établit aussi en fait que ceux-ci ne devaient point toucher à l’édit de leurs prédécesseurs, sinon pour des causes raisonnables, de sorte que le fond restait le même, et, perpétué de préteur à préteur, formait déjà une loi constante 1 2 . En même temps, des hommes de savoir et d’expérience travaillaient à donner au programme prétorien la méthode
1 . Aliam deinde legem Cornélius, etsi nemo repugnare ausus est, multis tamen invitis tulit, ut prætores ex edictis suis perpetuis jus dicerent, quæ res tum gratiam ambitiosis prætoribus, qui varie jus dicere adsueverant, sustulit. Ascon. in Cic., Corn. — Dion., xxxvi. — Cf. Cic., in Verr. , i, 46. — Perpetuum edictum est pris ici dans le sens d’annuum; dans l'édit de Salvius Julianus, le mot perpetuum prend une autre acception équivalente & celle de perpétuel en français. Cf. Brisson, de Form., 3 et seqq. — Hugo, Hist. du dr. romain,
il, 228.
2. La partie de l’édit qui se transmettait ainsi d’un préteur à l’autre poriait le nom d 'edictum translatilium; la partie ajoutée s’appelait edictum novum. Cic., in Verr., i, 44.
et le développement philosophiques. Servius Sulpicius, ami de Cicéron, y consacra un livre*; Ofilius, l’un des oracles du droit civil, composa un modèle d’édit 1 2 3 ; Labéon commenta l’édit des étrangers 3 . Les travaux de ce genre se multiplièrent durant le premier siècle de l’empire. Enfin Adrien fit rédiger par Salvius Julianus, alors préteur, un projet méthodique auquel il voulait conférer un caractère général et permanent : ainsi naquit Yédit perpétuel, dont nous avons déjà parlé 4 5 . Approuvé par le sénat et par l’empereur*, il devint une règle immuable, un code que les préteurs furent chargés d’appliquer, et qui les dépouilla eux-mêmes de leurs attributions législatives, sauf les cas nouveaux ou imprévus 6 . L’édit provincial, promulgué par Marc Aurèle, introduisit un ordre pareil dans les provinces.
C’est à partir de cette époque que le droit romain fondé sur ses deux bases, également solides désormais, la loi des Douze Tables et l’édit perpétuel, se développa avec le plus de régularité. La lutte féconde des écoles avait produit ses fruits; les idées s’étaient