Plin., Hist. nat., xxv. — Dio, lui
2. Pandicularis dics dicebatur, idem et communicarius in quo omnibus diis cummuniter sacrificabatur. Festus.
3. In pago Bellielia, dilionis Gazcnsium, Panthéon fuitantiquum et apparatum templum. Sozom., Hist. ercles., v, 14.
tique, se montraient moins flexibles, ou même, si Ton me permet ce mot, tout à fait réfractaires aux procédés ordinaires d’assimilation. C’étaient les religions savantes, ayant pour base quelque doctrine de philosophie mystique, révélée secrètement à des initiés; c’étaient aussi les religions sacerdotales, dont une corporation de prêtres voulait conserver à tout prix la direction absolue ; c’étaient surtout les religions exclusives, celles qui, fondées sur l’unité et la spiritualité de Dieu, et repoussant les autres comme des mensonges, se posaient vis-à-vis du gouvernement romain dans un état permanent d’agression. A cette dernière catégorie appartenaient le judaïsme et le christianisme.
Quand le peuple, qui pratiquait ces religions réfractaires à l’unité du polythéisme, était faible ou barbare, et qu’à son égard l’emploi de la violence n’entraînait pour l'État ni péril ni trouble, Rome n’hésitait pas à y recourir. On accumulait, sur le culte condamné à périr, toutes les accusations d’impiété et d’insociabilité ; on le proclamait pernicieux, infâme, odieux à la terre et au ciel 1 ; puis on l’étouffait dans le sang de ses prêtres. C’est ainsi que le gouverne-
1. Religio diræ immanitatis. Suet., Claud. — Sceleratissimæ gentis consueludo. Senec. ap. S. August. de Civil. Dei, vi. 11. — Genus hominum superstitiouis novte atque maleficæ. Suet., Ner. — Exitiabilis superstitio... Per flagiiia invisi etodio geueris liumani couvicti... Tacit. Ann., 15. — juven., Sut., xv, etc.
ment romain anéantit le druidisme en Gaule et en Bretagne 1 , sans que les autres religions excentriques pussent se croire menacées; c’est encore ainsi qu’il déclara une guerre acharnée aux chrétiens qu’il jugeait faibles, parce qu’ils ne formaient pas, comme les juifs, un corps de nation *, et que l’absence de tout culte extérieur (circonstance qui les fit accuser d’athéisme 3 ) éloignait d’eux les sympathies des religions publiquement constituées.
Mais Rome ne se montrait ni si dédaigneuse ni si cruelle pour les croyances que de grands peuples eussent été disposés à soutenir. Tout en s’élevant, au nom de la philosophie, contre le fanatisme des religions asiatiques qui se montraient pour la plupart indociles à ses vues, elle se gardait bien de les attaquer de front. Elle se bornait à les exclure périodiquement de ses murailles 4 , où elles rentraient le lendemain de leur exil , et quelquefois à les déclarer incompatibles avec le droit de cité romaine, ce qui n’était jamais pris à la rigueur. Mais dans leurs propres domaines, au milieu des populations qui les professaient, les cultes égyptiens et syriens furent toujours respectés. La religion juive seule fut violentée, parce qu’elle se refusait au