‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 169 sur 229 · Cæcil., in Minut. Felic · texte numérisé non relu

Cæcil., in Minut. Felic

3. Athcos etimpios esse Christianos. S. Justin., Apolog., h, 3.

4- Tacit., Ann., n, 85; zv, 44. — Suet., Tib., 36. — Dio, uv. — Joseph., Antiq., xviu, 4 .

culte des empereurs *, où Rome voyait bien plus une affaire de gouvernement qu’un article de foi religieuse.

Par une tendance naturelle à l’esprit humain, il arriva que ces croyances, qui s’isolaient du culte public, se maintinrent fortes et vivaces, précisément à cause de cela. Cette unité factice, cette confusion souvent étrange de la religion officielle pouvaient servir la politique, mais comment auraient-elles ranimé le sentiment religieux attiédi? Ce n'est point ainsi que le cœur se prend ; et les bigarrures dont fourmillait ce chaos de superstitions fournissaient au contraire un arsenal d’armes nouvelles à l’incrédulité railleuse 2 .

Dans ce discrédit de la religion nationale, où s’adressaient donc les âmes que l’incrédulité n’avait pas atteintes? Aux religions dissidentes. Elles seules avaient encore des enthousiastes ; c’était vers elles que se portaient les dernières terreurs de la superstition avec les derniers élans de la foi, elles grandissaient de tout l’abaissement du culte public.

Il faut se rappeler ici ce que j’ai exposé plus haut de la disposition morale des esprits aux premier et second siècles de notre ère.

La révolution politique, qui rapprochait les peuples, semait de toutes parts sur son passage les germes

1. Phil., légat, ad Coiium passim. — Joseph., Antiq., xvni, 10.

Page 1