Plot., in Ennead., v, 5, 7; 3, 8 et passim
munication, il s’associe à leurs lumières, il participe à leur puissance, il agit comme eux sur la nature, il lit dans l’avenir; il sait comment on obtient la protection des bons génies, et quel culte ceux-ci réclament; quel culte aussi désarme les mauvais génies, car les esprits sont faillibles comme l’homme, ils se dépravent en oubliant Dieu, en cédant à l’attraction de la matière et des ténèbres. La communication avec les démons forme une science , la théurgie , dont les branches sont la magie, la divination, l’astrologie, etc. '.
On le voit par ce court exposé, nécessaire pour faire comprendre les idées qui avaient alors action sur le monde , le système néo-platonicien embrassait tout : déisme philosophique, mysticisme, morale, culte, théurgie, astrologie, une partie de la vérité qu’on cherchait, et la plupart des erreurs auxquelles on était accoutumé de croire. 11 fut accueilli avec un enthousiasme général. Les cultes grec et romain l’acceptèrent parce qu’il les fortifiait contre les attaques des incrédules; les hommes d’Etat, parce qu’ils y voyaient un pas de fait vers l’unité religieuse; les religions orientales qui y tenaient la première place n’hésitèrent pas non plus à s’y rallier. Le judaïsme et le chris-
' 1. Cf. Bruker, il, 189 et suiv. — Tiedmann, Esprit de la phil. spécul., tu. — Tennemann, Hist. de la phil., v, 1. — Mcyners, Hegtrag, etc., etc., mit eniyen Bemerkungen ucber die ,V. Plat. phil. Leipsick, 1782. — M. de Géraiido, I, p. 182 et suiv. — M. Cousiu, Noiw. frugm., 200; Cours, 1828-1829, p. 315 et suiv., etc., etc.
tianisme rejetèrent seuls cette alliance profane. Fondés sur une révélation particulière de Dieu, et, à ce titre, nécessairement exclusifs , ils le furent avec un redoublement de force, quand ils se virent isolés, face à face avec ce représentant de tout le paganisme ligué. Mais les juifs, écrasés, dispersés par tout l’univers, et pour qui d’ailleurs la loi de Moïse était une constitution de peuple tout autant qu’une règle de foi, ne cherchaient guère à faire des prosélytes, tandis que le christianisme s’était donné au contraire pour mission la conversion des gentils. Ce fut donc entre lui et le néo-platonisme que la guerre se prépara pour éclater enfin avec une violence sans égale.
Dans la première ferveur de la nouvelle philosophie, les panthéons se multiplièrent : Sévère en fit construire un dans Alexandrie 4 , berceau de la secte qui édifiait elle-même, avec une intelligence si hardie, le plus vaste des panthéons. Ami de l’Orient, cet empereur inclinait vers des doctrines favorables à l’Orient. Son palais et surtout la cour de l'impératrice Julia Dornna, fréquentés par les adhérents de toutes les sectes mystiques, ressemblèrent un moment à une école de philosophie officielle 2 . Sévère essaya de ramener les juifs en levant l’interdit qui les excluait des charges publiques. Il protégea d’abord ouvertement les chrétiens