‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 179 sur 229 · Pro mora finis. Ibid., p · texte numérisé non relu

Pro mora finis. Ibid., p

3. Cette opinion s'appuyait sur ie passage suivant de saint Paul : — Mysterium jam operatur iniquitatis, tantum et qui tenet nunc, teneat, donec de medio fiat. Thessal., tt, 2, 7.

4. Est alia major nécessitas nobis orandi pro imperatoribus, etiam pro omni statu imperii rebusque romanis, quod vint maximam universo orbi imminentem, ipsamque clausuram sæculi acerbitates horrendas comminantem, romani imperii commeatu scimus retardari. Iiaque nolumus eiperiri, et dum precamur differri , romanæ diutur. nitati favemus. Tertull., Apoloy.. 678,

renier le titre de Romains; ils le revendiquaient au contraire quand on venait le leur disputer : « En quoi « différons-nous de vous, disaient-ils aux païens, si ce « n’est parce que nous n’adorons pas votre Dieu 1 ? « C’est vous qui créez une exception contre nous, en « nous privant seuls du culte qui nous appartient 2 . » Ils ne prétendirent jamais former un peuple à part, mais seulement une association fondée a sur la conte science de la religion, sur la vérité des règles mo- « raies, sur la communauté des espérances 3 . » Ils admettaient la beauté de l’ordre matériel établi par l’empire. J’ai déjà cité à ce sujet un passage remarquable de Tertullien; en voici un autre : « A quoi bon « chercher dans l’antiquité des exemples de change- « ment, quand le char roule si vite que nos yeux ont « peine à le suivre? Comme ce siècle a transformé le « monde ! Que de villes nous voyons naître, ou re- « vivre ou s’agrandir, par la triple vertu qui anime « cet empire (Septime-Sévère et ses deux fils)! Quelles « masse de richesses sur les registres du cens! Quelle « liste de peuples!... En vérité, le monde est comme « le jardin de l’empire, campagne merveilleusement «. cultivée, d’où Rome a extirpé tout poison d’inimi-

1. Nec Romani haberaur quia non Romanorum deum colimus. Tertull., A]X)tog., 604; ad Scaput-, 102, 103.

2. Nos sol i arcemur a religiouis proprietate. Ibid., 36, 664.

3. Corpus sumus de conscicntia religionis et disciplina.' veritate et spei fœdere. Tenait., Apolog., 692.

« lié, toute épine de perfides alliances. C’est le verger « d’Alcinotls chargé de pommes d’or, c’est le jardin « de Midas planté de rosiers 1 . » Sans doute il se mêla souvent à ces déclarations de fraternité des plaintes contre l’injustice du gouvernement, la cruauté des magistrats, l’aveuglement de la multitude, et des accusations contre l’immoralité des religions païennes; mais ces accusations et ces plaintes, si bien motivées d’ailleurs, ne contredisaient pas le fond de la doctrine.

Après le triomphe du christianisme, et dans les temps postérieurs à Constantin, on la voit se reproduire avec plus de développement et de netteté. Les écrivains de l’Église avouent sans réticence leur admiration pour l’œuvre de Rome; ils proclament l’élévation de ses idées sociales, sa grandeur morale, et la reconnaissance que lui doit l’humanité. A l’enthousiasme avec lequel ils s’expriment quelquefois, on croirait entendre, sous des formules nouvelles, la voix de Plutarque ou d’Aristide, les chants de Rutilius ou de Claudien.

La querelle fameuse excitée par Symmaque, à propos de l’autel de la Victoire, fournit aux chrétiens

1. Rêvera orbis cultissimum htijus imperii rus est; eradicato omm aconito hostilitatis, et cacto et rubo subdolæ familiaritatis, consitum et amænura super Alcinoi pometum et Midæ roselum. Tertull., de Pal/., 22».

une occasion de renouveler solennellement leur profession de foi sur cette grave question. Dans sa lettre aux empereurs Valentinien, Théodose et Arcadius, l’orateur païen avait fait intervenir l’image de Rome plaidant pour ses dieux, au nom de sa gloire, et demandant merci pour ce culte « qui lui avait soumis l’univers 1 . » — « Mensonge! s’écrièrent de toutes « parts les chrétiens , vos dieux ne sont pour rien « dans cette grandeur dont nous sommes aussi fiers « que vous 2 . »

« O Romain, dit à ce sujet Prudence, qui a para- « phrasé en assez beaux vers la réponse de saint « Ambroise à la lettre de Symmaquc , Romain, veux- « tu que je te dise quelle fut la cause véritable de « tes triomphes , le foyer caché de ta gloire , le « bras qui enchaîna le monde pour toi? — C’est « Dieu 3 . »

« Depuis les bords de l’Océan occidental jusqu’aux «mers étincelantes où le jour se lève, la guerre « brouillait les choses humaines. Des mains cruelles,

1. Hic cultus in leges roeas orbem redegit, ergo diis patriis, diis iufgetibus pacem rogauius. Symmach. Epist. ddd Valent. Ttieod. et \rcad. Au'jgg., x, 54.

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