Da, Christe, Romanis tuis Sit christiana ut civitas
Per quam dedisti, ut cæteris.
Meus una sacrorum foret.
Confcedcrantur omnia Hinc inde membra in symbolumi Mansuescit orbis subditus,
Mansucscat et summum caput.
ROME Ali POINT DE VUE DU CHRISTIANISME. 355
De la polémique et de la poésie, ce point de vue passa dans la science chrétienne à titre de vérité historique, et n’en sortit plus.
Toutes les fois qu’une grande idée s’empare du monde et veut le dominer, il faut qu’elle prouve sa légitimité à l'intelligence, comme elle la fait sentir au cœur; que pour cela elle pénètre dans toutes les branches de nos connaissances, qu’elle s’approprie la science humaine, en la refaisant à son usage. II faut surtout qu’une telle idée, qui aspire au gouvernement de la société, établisse bien nettement son origine et sa nécessité logique dans l’histoire, car il n’y a que les utopies sans avenir qui naissent d’ellesmêmes et vivent isolées, qui, ne se liant à rien, redoutent le passé et rompent avec lui. Cette reconstruction de la science autour d’un même principe constitue ce qu’on appelle de nos jours une encyclopédie. Toute grande idée sociale a nécessairement la sienne, sous un nom et dans une forme quelconques : celle du christianisme fut tracée d’une main ferme et avec une hauteur d’esprit admirable par saint Augustin.
C’est dans le livre célèbre de la Cité de Dieu que le plus savant des Pères de l’Église, discutant une à une les sciences cultivées de son temps, a donné
Fiat fldelis Romulus Et ipse jam credat Numa.
Aurel. Prudent., IlepKrtEÿavüv, u, hymn. S. Laurent.
une base chrétienne à la théologie 4 , à la métaphysique 2 , à la morale 8 , à la physique même 4 et à l’histoire 5 . Ce livre contient, avec la critique des systèmes enseignés dans les écoles païennes, un plan complet de reconstruction de nos connaissances d’après le principe du christianisme.
En ce qui concerne l’histoire, voici l’idée de saint Augustin. Les événements de ce monde ne sont ni fortuits ni isolés; la Providence divine les dirige, les coordonne, les fait concourir tous vers un même but, le triomphe de la vérité et de la justice, telles qu’elles ont été révélées une première fois au peuple hébreu, et que Jésus-Christ est venu les confirmer et les annoncer aux nations®. Quiconque écoute la voix d’en haut et la suit appartient au peuple des élus, à la cité de Dieu, près de laquelle marche la cité de la terre, attachée aux intérêts d’ici-bas, cité superbe, dominatrice, persécutrice des saints, mais qui n’en travaille pas moins, par des moyens qu’elle ignore, au règne de Dieu. Ainsi fit Babylone en Orient, ainsi fait Rome en Occident, toutes deux reines des peuples, toutes deux annoncées par les prophéties, toutes deux pré-