S. August., de Civ. Dei, xi, xn, xm et seqq
2. Ibid., xvi, xvn. — Paul. Oros., u, 3; vii, 2. — Cf. Tertull., adv. Judceos, 217; adv. Marcion., 337.
3. S. August., de Civ. Dei , xvm, 17 seqq.; xix, 27. — Paul. Oros., VI, I, 21, 22; VII, 1, 2, 3.
4. S. August., de Civ. Dei, 1, 7 ; H, 3; ni, 18, 29; v, 15, 25, 26. — Paul. Oros., vu, 39, 40, 41.
daire; le christianisme occupait tous les temps, et il montrait dans l’avenir à la cité de la terre la cité de Dieu domptant par la persuasion ces races barbares que l’Empire ne pouvait s’assimiler. Saint Augustin attachait, sous le rapport de l’utilité présente comme sous celui de la doctrine, une telle importance à ce système que, non content d’en fixer les points principaux dans le plus profond de ses ouvrages, il fit composer sous ses yeux, dans les mêmes idées *, une histoire universelle par un de ses disciples, le prêtre espagnol Paul Orose. L’ouvrage d’Orose, calqué sur le plan de saint Augustin, eut un succès qui dure encore. C’est lui qui a fourni le patron sur lequel ont été taillées depuis lors toutes les histoires universelles écrites chez les peuples chrétiens, y compris celle que nous a donnée le grand Bossuet.
Il y avait quelque chose de fortifiant, quelque chose de viril dans cette prédication de la perpétuité de Rome par ses doctrines, quand son gouvernement croulait, quand la ville inviolable était prise et pillée, quand l’univers entier, pour me servir de l’expression d’un chrétien contemporain, « semblait renversé dans une seule ville 2 ; » il était grand de dire alors à la société romaine : « Vous existez malgré toutes les révo- « lutions; malgré tous les démembrements, le monde