Tacit. Mor. Germ. 39 et al
ï. Forma navium eo differt quod utrinque prora paratam semper appui. u i frontcm agit, nec velis mmistrant, nec remos in ordinem latcribus adjungunt. Ibid., 44.
des siècles en Europe : la race sujette appartenait à la grande famille slave, dont le nom ne s’était pas encore révélé à l'histoire, et qui portait sur le Danube l’appellation locale de Vénède ou Vende. Les tribus sarmates, toujours en course sur leurs chariots à travers les plaines qu’arrosent la Vistule, le Borysthène et le Dniester, maintenaient à grand’peine dans le devoir la multitude des peuples assujettis. Ceux-ci vivaient dans une condition voisine de l’état sauvage, ignorant presque les premiers arts , et faisant la guerre en vo • leurs plutôt qu’en guerriers. Tels étaient les Lygies ou Lièches, ancêtres des Polonais, et ces Aries qui, n’attaquant que la nuit, la face barbouillée de noir, vêtus de lambeaux noirs et protégés par un bouclier noir, se jetaient à l’improviste sur leur ennemi, comme des bêtes fauves surprennent une proie * . Dans la vallée du Danube, entre la branche occidentale des Carpathes et la mer Noire, les Sarmates étaient devenus sédentaires, et de leur mélange avec les Slaves, ou plutôt avec les anciennes races de l’Hlyrie, était sortie la nation des Daces , destinée à un renom immortel dans les luttes qu’allaient se livrer la civilisation et la barbarie.
Je parlerai brièvement du groupe des nations fin-
1. Nigra scuta, tincta corpora, atras ad prælia Doctes legunt, ipsa que formidine atque umbra fcralis eiercitus, terrorem iaferunt. Tac. A/or. Genn ,, 43.
noises. Elles ne sont connues à cette époque que par quelques mots dédaigneux d’un historien qui nous peint avec dégoût leur misère et leur extrême saleté 1 2 . « Les Finnois, nous dit Tacite, vivent de chasse ; leurs seules armes sont des flèches armées d’os pointus. Ils n’ont ni cabane ni abri, vivent de racines et d’herbe, se vêtissent de peaux et couchent sur la terre 8 . » Telle était, dans son rameau européen, au premier siècle de notre ère, cette race finnoise dont les essaims innombrables devaient plus tard envahir toutes ces contrées, et unir dans une même épouvante Teutons, Sarmates et Romains. Le jour de sa grandeur était loin encore. Assises sur les confins de l’Europe et de l’Asie, entre la mer Caspienne et les régions polaires, ses principales nations couvraient alors les deux versants de l’Oural et la vallée du Volga, et allaient se confondre avec les hordes mongoles et turkes dans les déserts de l’Altaï 3 * .
Quelques noms pris au hasard dans la partie la plus voisine du inonde romain feront voir quels ennemis redoutables la civilisation avait en présence, et com-