‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 207 sur 229 · Luin., Paneg. ad Constant., ?t · texte numérisé non relu

Luin., Paneg. ad Constant., ?t

A côté des établissements de lètes , on voit figurer dans l’Empire, à la même époque, des élablissements de Sarmates dirigés aussi par des préfets et qui semblent obéir aux mêmes règles. Tandis que les premiers n’existent qu’en Gaule, les seconds sont répandus partout, en Orient comme en Occident, et jusqu’en Afrique. La Gaule a les siens sur les territoires d’Autun, de Langres, de Valence, de Reims, d’Amiens, de Paris, de Poitiers enfin ; là ils sont mêlés à des Taîfales, tribu d’origine gothique. Ces Sarmates portent tous le titre de genliles , signe de leur sujétion au gouvernement romain , et ils sont comme les lètes sous la direction supérieure du grand maître de l’infanterie*.

Après ces détails sur les colonisations barbares et sur les alliances, j’ai peu de chose à dire des auxiliaires réguliers servant dans l’armée romaine. Ce service prit tant d’extension et d’importance que des rois barbares y venaient briguer des commandements, et que ce fut, aux quatrième et cinquième siècles , une voie assurée de parvenir aux dignités de l’Empire. Les Franks s’y glissèrent en grand nombre; et on les voit, pendant un siècle et demi, former à la cour d’Occident une faction non moins puissante que les Golhs

1. Cf. Notit. Dign.Imp. rom., ed. Bœking, II, p. 120 seqq.; Sot. p. 1045, seqq. Nous recommandons un mémoire intéressant de M. Morin sur les préfectures lètes et sarmates de l’Armorique. Rennes,

à celle d’Orient 1 . 11 serait difficile d’énumérer tous les Barbares que l’histoire nous signale dans cette période comme mêlés au gouvernement romain. Beaucoup portent des noms latins, et nous n’apprenons souvent leur origine que par le caprice d’un chroniqueur : en voici quelques-uns. Maximin, dit le Thrace, soldat, général, sénateur et empereur par le choix des soldats, était né d’un père goth et d’une mère alaine, établis sur la rive droite du Danube : un autre élu des camps, Proculus, tirait son origine des Franks d’outre-Uhin 2 . J’ai parié de Magnentius et du César Détendus, son frère; un de leurs officiers, Svlvanus, fils d’un Frank appelé Bonitus 3 , essaya de prendre la pourpre, et périt comme eux dans son entreprise.

Dès le temps de Constantin, les Barbares entrèrent dans les magistratures civiles, plusieurs même furent honorés du consulat. On s’en plaignit comme d’une dérogation aux anciennes mœurs ; mais les patriciens de Rome ne s’étaient-ils pas opposés, trois siècles auparavant, à l’introduction des Gaulois dans le sénat ; et la Pannonie , province plus récemment conquise que la Gaule , n’était-elle pas le pays qui fournissait depuis cinquante ans tous les empereurs? Pourquoi donc ex-

1. Franci quorum, ea tempestute, multitudo in palatio florebat. A imn. Marc., xv, S.

Page 1