Vopisc. Procul. ap . Scrip. fi. Aug., p
3. Licet pal ris Boniti prætenderet fortia facta, Franci quidem
Amin. Marc., xv, i.
dure des Barbares qui s’étaient faits Romains, et mettaient au service de l’Empire un sang jeune et une intelligence vigoureuse? Julien fut un des plus ardents à critiquer sur ce point la conduite du premier empereur chrétien 1 , sauf à se démentir lui-même par l’élévation sur la chaise curule du Goth Névitta, qui n’avait ni le mérite, ni la renommée des autres*. En blâmant les actes de Constantin, Julien obéissait à ses rancunes personnelles; en les imitant, il suivait le progrès du monde, et, quels que fussent ses regrets du passé , il pliait son gouvernement à des nouveautés nécessaires.
La période que nous venons d’esquisser, importante sous tant de rapports, le fut surtout parce qu’elle créa entre la civilisation et la barbarie un moyen de rapprochement jusqu’alors inconnu et d’une admirable énergie : je veux parler de la prédication chrétienne chez les Barbares. Chose singulière et d’un caractère assurément bien providentiel : cette même religion que Rome avait voulu étouffer, comme une ennemie de sa puissance et le fléau du genre humain, se
1 . Tune et memoriam Constantini, ut novatoris turbatorisque priscarum legum et mon» antiquitus recepti vexavit : eura aperte incusans, quod Barbares omnium primus adusque fasces auxerat et trabeas consulares. Amm. Marc. ,xxi, 10.
2. Insulse niinirum et leviter : qui cum vitare deberet, id quod infestius objurgavit, brevi postca in consulatu Mamertino junxit Nevittam nec usu nec gloria liorum similem, quibus magistratum amplissirnurn detulerat Constantinus. — Idem, uà. sup.
440 TABLEAU DE L'EMl’IRE ROMAIN.
trouve, aux jours du déclin, son plus ferme appui, et ! le meilleur instrument de ses conquêtes civilisatrices ! C’est par les "Visigoths que le christianisme s’introduit dans la Barbarie européenne 1 :ce peuple le reçut, vers 260, de familles romaines qu’il avait amenées captives de la Cappadoce durant ses expéditions de piraterie. Tel fut le point de départ d’un nouveau système d’assimilation qu’on voit se développer dans la période suivante, où l’apostolat chrétien se fait l’auxiliaire du prosélytisme romain.
1. On peut voir dans saint Jérôme (chap. cxxxv) la consultation que deux docteurs gotlis lui adressent par l’intermédiaire du prêtre romain Firnius au sujet des différences qu’ils trouvaient entre la traduction latine des psaumes et le texte grec. Saint Jérôme, en leur répondant, démontre que si la traduction latine est différente du grec vulgaire, elle est conforme au texte hébreu. (Conf. Tillemont, Mémoires ecclésiastiques, xii, 020