‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 212 sur 229 · Eunap. Fr. 65. — Zosim. v, p. 796. — l'hilostorg. n · texte numérisé non relu

Eunap. Fr. 65. — Zosim. v, p. 796. — l'hilostorg. n

monde barbàre, un progrès de l’Asie nomade sur l’Europe demi-civilisée. Les rudiments de culture, transmis des colons romains aux Sarmates et aux Goths, disparurent avec la vie sédentaire; et les plaines de la mer Noire ne furent plus qu’une route perpétuellement sillonnée par des hordes et des troupeaux. De proche en proche, la tribu royale des Huns remonta le cours du Danube, et finit par s’arrêter dans l’hémicycle des Carpathes, sur les ruines entassées de l’ancien royaume de Décébale, de la colonie de Trajan, et des établissements récents des Goths. Les Huns se trouvant alors en contact direct avec l’Empire, la politique romaine essaya sur eux les procédés qu’elle avait appliqués aux races • européennes, mais vainement : l’attrait de la vie sédentaire échoua près de ces nomades qui ne la comprenaient pas, qui méprisaient ses besoins et ses arts, et pour qui détruire était la satisfaction suprême. Quant au christianisme, quelle prise pouvait-il avoir sur de hideux sauvages voués au culte grossier des fétiches, et pour qui toute la religion se bornait à des pratiques de sorcellerie? les enseignements moraux de l’Évangile demeurèrent pour eux une langue inconnue. La seule chose qu’ils comprirent, c’est qu’avant de combattre cet État riche et redoutable, ils pouvaient le piller par avance en lui vendant leur sang, et ils s’enrôlèrent en foule dans les armées romaines.

Des noms à physionomie latine ou grecque portés par quelques-uns de leurs rois, Donatus, Charaton 1 , etc., semblent indiquer un premier travail d’assimilation tenté sur eux, mais qui n’eut pas plus de succès près des chefs que près du peuple ; ils restèrent Huns dans les armées romaines. Leur prétention était d’ailleurs de dominer en maîtres absolus ces barbares d’Europe, qu’ils avaient si facilement effrayés ou soumis; et plus d’une fois ils réclamèrent comme leurs esclaves fugitifs 1 les Visigoths internés en Romanie. Mais la terreur qu’ils inspiraient eut précisément pour effet de rapprocher des Romains les races barbares européennes; les plus civilisées d’entre elles se serrèrent contre l’Empire, sentant bien que leur cause était commune, et décidées à suivre, au besoin, l’exemple des Yisigolhs. Ainsi se précipitait, avant le temps, le mélange de la civilisation avec la demibarbarie.

L’année 406 fournit de ces deux ordres de faits un exemple mémorable. A mesure que les Iluns avançaient, les nations teutoniques changeaient de demeure ' et fuyaient au lieu de résister. La vaHée du Danube, encombrée de tribus qui se croisaient dans leur marche, se choquaient, se culbutaient les unes sur les autres, ressemblait à une fourmilière bouleversée. Au

1 . Olympiod., p. 445, ed. Nicbuhr. Script, hist. byz., Bonn., 1829.

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